Un événement philanthropique qui offre grands millésimes, vins rares et un banquet gastronomique.
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Revue de Presse 2006

Extrait

Pascal Patron, Revue du vin de France, avril 2007

Si en France on a tendance à faire du vin un bouc émissaire et à lui incriminer tous les maux possibles, jusqu’à être considéré par les pouvoirs publics comme un archaïsme, il en est tout autre chez nos cousins canadiens qui vouent depuis quelques années un culte sans borne à ce divin breuvage…. Un exemple probant, Montréal Passion Vin, cet événement viticole d’envergure internationale, qui s’est tenu fin novembre, à Montréal, a fait vivre au cours de deux jours de dégustation, des moments intenses et inoubliables aux quelques 300 participants venus de partout au Québec, voire de beaucoup plus loin.

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Dégustations non-stop

Jacques Benoît, La Presse, 30 décembre 2006

"Je consomme du champagne en deux occasions. Quand je suis amoureuse et quand je ne le suis pas", aimait à dire la célèbre couturière Coco Chanel.

Premier ministre d'Angleterre au moment où faisait rage la Deuxième Guerre mondiale, Winston Churchill en buvait lui aussi... à profusion.

"Pour célébrer nos victoires, mais aussi en cas de défaite, alors que j'en ai grandement besoin", disait-il.

C'est entre autres par ces deux mots, marqués au coin de l'humour et cités par Christian Pol Roger, que s'est ouvert cette année, à la fin du mois de novembre, l'événement phare du monde du vin, Montréal Passion Vin.

Arrière-petit-fils du fondateur de la maison de Champagne Pol Roger, il fit déguster six millésimes de la cuvée prestige Sir Winston Churchill, ainsi nommée à cause de la passion que nourrissait Churchill pour les champagnes de ce producteur.

Des 10 dégustations qui se sont tenues ces deux jours-là (les vendredi et samedi 24 et 25 novembre), certaines donnèrent lieu à des commentaires mitigés.

Parmi les quelque 300 participants, certains aimaient, d'autres pas...

La cuvée Sir Winston Churchill (1996, 1995, 1993, 1990, 1988 et 1986), elle, ne s'attira que des éloges et fit donc l'unanimité, tant ce vin est exceptionnel.

Le plus impressionnant à l'évidence, était le 1996, monumental et d'une ampleur incroyable, alliant, comme on le voit rarement dans ces vins, puissance et finesse.

Selon Christian Pol Roger, il a "un potentiel de vieillissement extraordinaire" d'environ une vingtaine d'années et on n'a pas de difficulté à le croire.

Suivaient, par ordre personnel de préférence, le 1990, dans le même style que le 1996, mais en moins puissant, puis le 1995, "un demi-octave sous le 1996", disait Christian Pol Roger, le 1988, très séduisant, le 1993 et enfin, le 1986, évolué et à boire sans tarder.

Élégance, finesse, puissance contenue - ainsi pourrait-on tenter de définir en quelques mots le style de cette maison.

"Le champagne stimule la matière grise sans détruire l'intelligence", disait ce jour-là Christian Pol Roger.

Vins blancs de Bourgogne

Il est permis de rêver...

À l'ouverture le lendemain, ce furent donc deux vins blancs de Bourgogne, parmi les plus rares et les plus chers, qui lancèrent la journée : Bâtard-Montrachet Jean-Noël Gagnard (2004, 2003, 2002) et Montrachet Jacques Prieur (2002, 1999, 1993).

Très jeune, généreux sans qu'il y paraisse et boisé avec retenue, le Bâtard 2004 me sembla particulièrement réussi et délectable.

Pour le Montrachet, vin énorme très boisé, ce fut au contraire le plus âgé (1993) au boisé maintenant intégré et aux nuances très fumées dans l'après-goût, qui était, à mon avis, le plus digne de louanges.

Des vins rouges

Sacré vin de l'année 2006 par le magazine Wine Spectator, le Napa Valley 2002 Insigna Joseph Phelps, servi à table le vendredi midi... ne cachait pas ses origines.

Quasi opaque, son bouquet de fruits noirs, d'une profondeur incroyable, vous en met plein la vue et même chose en bouche : très dense, très serré, bien californien, il a le suprême mérite d'être malgré tout équilibré.

Suivaient dans l'après-midi six millésimes de ce vin rouge mythique qu'est Grange, d'Australie (2001, 1994, 1991, 1990, 1987, 1980), élaboré presque toujours avec au moins 90% de Syrah ou Shiraz, comme disent les Australiens.

L'expérience fut jugée décevante par certains.

Très dense, très riche, mais sans lourdeur, marqué pour les millésimes âgés par des nuances comme de tabac et (mais c'est discret) d'eucalyptus, c'est pourtant un vin qui tient très bien la route, comme le montrait notamment le 1987, évolué, oui, mais sans rien de déclinant.

"C'est mon vin fétiche", disait de son côté un amateur qui est propriétaire d'une cave fabuleuse...

Bref, on aime ou pas!

Château Ausone

Autre vin mythique, le Saint-Émilion Grand cru classé Château Ausone, qui compte parmi les huit premiers grands crus classés du Bordelais, fut lui aussi critiqué par certains qui le jugeaient trop concentré...

Le propriétaire de ce domaine minuscule (7 hectares de vignes), Alain Vauthier, en fit déguster six millésimes, soit 2002, 2001, 1998, 1996, 1995 et 1982.

Trop concentré? Pas du tout, du moins à mon sens, puisqu'il s'agit d'un vin plein d'éclat, compact sans excès, aux tannins très serrés, quoique dépourvus de toute rugosité.

Le 1982, aux arômes de pruneaux cuits, a sans doute déjà été meilleur, mais tous les autres étaient de grands vins, le 1995, toujours très jeune, m'étant apparu comme le plus charmeur des six.

Deux autres bordeaux

"J'appartiens à l'école classique. Je fuis les vins hyper-concentrés. Il faut que le vin raconte son histoire et non pas la mienne", disait Alexandre Thienpont, en guise de présentation de trois millésimes (2001, 2000, 1998) de son Pomerol Vieux Château Certan.

Quelle histoire, si je puis dire!

Élaboré avec principalement du Merlot, c'est un vin qui se présente avec un velouté comparable à celui des plus grands bourgognes rouges, et donc aux tannins tendres, de corps moyen, distingué et d'un charme irrésistible.

Les trois millésimes avaient droit au titre de grands vins, avec en tête le 2000, plus ample et plus accompli que les deux autres.

Goûtés tout de suite après, les trois millésimes (2000, 1996 et 1990) du Saint-Julien Château Gruaud Larose avaient, en comparaison, quelque chose d'austère, presque de dur.

Encore là, c'était le 2000, corsé et compact, qui dominait.

Enfin, des participants furent déçus par certains des cinq bourgognes, blancs et rouges, de Louis Jadot, servis au banquet de clôture.

Le fait qu'on goûte souvent moins au milieu du brouhaha des conversations y fut sans doute pour quelque chose, mais il y a aussi que les bourgognes surtout les rouges, plus fluides que les bordeaux, peuvent avoir certaines difficultés à s'imposer en présence de mets aux saveurs relevées.

Deux vins de Jadot se détachaient devant les autres. Soit, en blanc, le Criots-Bâtard-Montrachet 2001, nettement plus réussi que le Meursault Les Genevrières 1er cru 2003, au boisé très marqué, et, en rouge, le Corton-Pougets 1999, aux saveurs bien mûres.

Événement très couru, Montréal Passion Vin, dont c'était la cinquième édition, se tient toujours (pour ainsi dire) à guichets fermés.

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Peek Into Posh Wine Show (en anglais seulement)

Bill Brownstein, The Gazette, November 28th, 2006

Australian winemaker Peter Gago signs a bottle at Montréal Passion Vin, an exclusive wine show held this weekend at the Bonaventure Hilton. For video coverage of the event with Gazette columnist Bill Browstein, go to Editor's Picks on our website, www.montrealgazette.com.

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Passion For Wine (en anglais seulement)

Bill Brownstein, The Gazette, November 27th, 2006

Join wine columnist Malcolm Anderson on his journey through the fifth edition of Montréal Passion Vin, a two-day wine exhibition organized by eight of the world's greatest winemakers. He tastes his way through a wide range of high-quality wines, including sampling from one bottle worth $4,500. Anderson also writes about a superstar Burgundian wine specialist who was the first woman chosen as France's top winemaker.

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No Time To Rest (en anglais seulement)

Malcolm Anderson, The Gazette, November 26th, 2006

Up at the crack of dawn, bright of eye, bushy of tail and white of teeth and ready for day two. Session one, six white wines from Burgundy, but first an interview with superstar Burgundian winemaker. Nadine Gublin. How good is she? Well, she was chosen as France's finest winemaker in 1997 by that nation's foremost wine mag, Revue du Vin de France, and was the first woman to snag the award.

Nadine manages wine quality for the large Burgundian house of Antonin Rodet and in particular makes the wines for the company's four Grand Cru vineyards. Looks good too in her chic designer jacket, and her three vintages of Domaine Jacques Prieur, Montrachet Grand Cru wines are in her image -- elegant and great taste -- but don't be misled, iron flavours in a velvet glove -- magnificent.

Her wines were preceded by three vintages of wines from the Burgundy house of Jean-Noel Gagnard presented by Caroline Lestimé Gagnard, daughter of the owner. On her honeymoon and looking shy, it was the first time she had addressed more than 10 people and we were 300 -- quite a trial, but she came through. The wines were from the family's Bâtard Montrachet Grand Cru vineyard composed of slate soils. They were mineral flavoured, but delightful.

The afternoon session was completed by a Bordeaux double whammy. First, three wines from Vieux Château Certan in Pomerol, where wine has been made since the 16th century. The Thienpont family have owned the château for three generations so they have a pretty good handle on how to do it. The 1998, 2000 and 2001 were concentrated wines that need time to age as were the three wines from Château Gruaud Larose, the 2000, 1996 and the 1990, which was my preferred wine.

Michel Phaneuf, who moderates these two days of tastings, impresses me greatly. He effortlessly keeps 300 people in order, guides the speakers and seamlessly fills in any blanks from his own extensive knowledge.

So, the wine tastings are over and there's just time for a nap and to knot the tie before joining the other 449 people attending the Grand banquet for a glass of Pol Roger Champagne. We're celebrating Burgundy to close the show, with fantastic wines from the venerable house of Louis Jadot presented by Juliette Lardière, winemaker. The two whites and three reds, a mix of Premier and Grand Cru wines, accompany the meal, prep'd by Lemaéc's chef, Richard Bastien to perfection.

Then comes the auction, when Patrice L'Ecuyer forces people to dig deeper than they really wanted to for the Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont -- but we won't know how much was raised until later -- keep an eye on my column and you'll find out.

Now, Sunday's a day of rest isn't it?

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We're number one -- for two days at least! (en anglais seulement)

Malcolm Anderson, The Gazette, November 25th, 2006

Montreal was king of the wine world Nov. 24-25 again this year with the fifth edition of Montreal passion Vin held at the Bonaventure Hilton. Eight of the world's greatest winemakers in town to show and tell us about their best stuff -- and yes we got to taste it all.

Friday, day one. What better way to start any day than with the breakfast of champions --six, yes six -- vintages of Pol Roger, Cuve Winston Churchill Champagne and the urbane words of Christian Pol Roger. This was the Champagne that Churchill drank that enabled him almost single-handedly to win the Second World War. As he said "between crisis and catastrophe there's always time for a glass of Champagne."

The result of this first tasting was to give the 300 tasters an appetite and it was into the dining room to eat the Californian lunch prep'd by Chef John Ledwell of 375c. Big flavours along with four big, beautiful wines from Tom Shelton who runs California's Joseph Phelps Winery, includingtwo vintages of the fabled Insignia red.

Had time to say hello to Gazette reader Carlo Ponski, a taster who comes up from Brazil every year and hasn't missed a Montral Passion Vin since reading about it in my column in 2002. He looks younger than ever -- must be the high quality wine.

No time for a well-earned nap because now it's Australia's turn to impress. Peter Gago, head winemaker of Penfolds presented six vintages of the only Aussie Grand Cru wine Penfold's Grange. My fave was the 1990 -- if you see it, buy it. Afterwards, forced against my will to taste more Penfolds wines in private: a 1962 Penfolds, Coonawara,Kalima Cab. ($4,500 a bottle at auction) and a 1976 Penfolds, Koonunga Hill Cab. Rendered speechless by their quality and the fact that they were still both vibrantly alive.

It didn't get any easier -- straight on to the last tasting of the day, six vintages of Château Ausone, Premier Grand Cru, Saint-Emilion in Bordeaux presented by owner Alain Vauthier. Wine has been made there for 20 centuries and the château takes its name from Ausonius, the Roman poet who is said to have lived there. You're probably familiar with his poems...

Must clean my purple teeth and rest up for tomorrow.

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Le vin est roi à Montréal

Jean-François Demers, Le Devoir, 24 novembre 2006

Aujourd'hui et demain, Montréal Passion Vin célèbre le vin. Durant deux jours de dégustation, l'hôtel Hilton Bonaventure de Montréal accueille encore cette année dix des plus importantes personnalités des domaines, châteaux et vignobles du monde. Le concept est unique par la rareté des vins et des millésimes présentés, par l'ambiance conviviale qui favorise les échanges, par le souci du confort des participants et par le grand respect accordé au vin. Montréal Passion Vin brille par sa simplicité.

Montréal Passion Vin fête son cinquième anniversaire en recueillant 350 000 $ pour la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Au total, plus de 1,2 million de dollars ont été versés depuis le début de cette grandiose expérience vinicole. C'est en 1999 que Jean Saine, le passionné, l'expert du marketing, le visionnaire, crée a cet événement qui rivalisera rapidement avec le fabuleux Wine Experience de New York. "Le vin sera roi, Montréal sera la capitale du vin pendant deux jours, les célébrités du vin viendront de partout et la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont aura son événement annuel unique, convoité et profitable"

Entouré d'un réseau impressionnant de personnes influentes, de commanditaires et de partenaires, ses locomotives, dit-il, il ne manquait que quelques fous du vin pour y arriver.

La barre est haute, le défi de taille pour rivaliser avec New York, mais la liste de détails de Jean Saine est longue et tout est possible: il recrute les meilleurs sommeliers, animateurs, chefs; même chose pour la logistique, la technique, la déco et les relations de presse. Du pied de la vigne au verre, rien n'est laissé au hasard pour des verticales comme La Tâche, Lafite-Rothschild, Krug!

Même si le somptueux banquet de clôture accueille 450 personnes et si le prix du forfait de deux jours est de 1600 $ par personne, la frénésie avec laquelle les billets s'envolent à chaque édition dépasse la réalité. Dès la deuxième année, les billets s'envolent en quatre semaines et six mois à l'avance, avant même que la programmation ne soit dévoilée. À Bordeaux comme dans les autres grandes régions viticoles du monde, le mot s'est passé et Montréal Passion Vin est considéré comme un incontournable au calendrier des événements bachiques internationaux. Avis aux intéressés ou aux curieux: il est possible, dès maintenant, de s'inscrire sur la "liste d'attente" pour l'édition 2007:
www.montrealpassionvin.ca.

Le prestigieux comité de sélection de Montréal Passion Vin nomme cette année son fondateur Jean Saine, personnalité 2006 MPV. Ce renard futé ne savait tout de même pas qu'un jour le vin et lui seraient rois au même moment. Merci et bravo, Jean Saine.

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Montréal Passion Vin; Déjà 5 ans pour cet événement philanthropique d'envergure.

Monique Girard-Solomita, Journal de Montréal, 22 novembre 2006

Le fondateur de Montréal Passion Vin, Jean Saine, sera honoré.

Pour son 5e anniversaire, Montréal Passion Vin, l'événement annuel de collecte de fonds de la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, a choisi Jean Saine, son fondateur, comme personnalité MPV.

Précisions que Jean Saine a occupé jusqu'à cette année, à titre bénévole, la présidence du comité organisateur de Montréal Passion Vin.

Au cours d'une entrevue accordée au Journal de Montréal, M. Saine un stratège hors du commun, nous parle de cet événement unique qui aura lieu les 24 et 25 novembre, à l'hôtel Bonaventure Hilton, à Montréal.

Jean Saine, pouvez-vous expliquer en quoi consiste Montréal Passion Vin, que vous avez mis sur pied il y a cinq ans?

C'est un événement de deux jours, un vendredi et un samedi habituellement fin novembre. Il comprend huit plages de dégustation alors que 45 vins d’exception seront servis en présence de 10 producteurs.

Comment êtes-vous venu à créer ce concept qui fait de Montréal la capitale du vin pendant deux jours?

Je suis président de Saine Marketing, une boîte de 225 employés qui fait de la recherche marketing et de la stratégie. Je suis stratégiste, c'est ça mon métier. En 1999, la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont m'a demandé de mettre sur pied une campagne de collecte de fonds. Je leur ai dit qu'on allait en bâtir une unique. Je savais que des événements wine experience existaient à New York, Hong Kong, Londres et Paris. Je voulais que celui de Montréal soit meilleur.

Vous ne négligez aucun détail. Apparemment vous teniez mordicus à ce que les vins soient servis dans des verres Riedel?

Oui, on a fait l'acquisition de 9 000 verres Riedel. Un membre du comité a même acheté deux lave-verres high tech importés d'Europe. On loue aussi des refroidisseurs pour une température optimale des vins. La logistique est complexe. Ainsi, ce sont des sommeliers qui voient au service du vin et des chefs invités s'occupent des repas.

Combien de personnes attendez-vous?

En général, 300 personnes participent aux dégustations. C'est le maximum qu'on veut à cause des vins et de la qualité. Un forfait complet incluant le banquet du samedi soir coûte 1 600 $ par personne. Tous les billets sont vendus des mois d'avance.

Qui assiste à un tel événement?

Avant tout, des passionnés de vin. On compte aussi un segment de gens bien nantis qui ont des caves à vin. En cinq ans, MPV aura versé plus de 1,5 million de dollars en profits nets à la Fondation de cet hôpital en plus de lui donner une grande notoriété.

L'an dernier, vous êtes vous-mêmes passé à deux cheveux de la mort et en êtes sorti grâce à l'équipe de médecins de cet hôpital.

À la suite d'une opération bénigne, j'ai été frappé d'une infection, la septicémie. J'ai été hospitalisé 35 jours aux soins intensifs de Maisonneuve-Rosemont. La docteure Joanna Skrobic m'a sauvé la vie. Maintenant, je travaille moins, je vis le moment présent.

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L'homme aux 35 000 bouteilles

Jacques Benoît, La Presse, 18 novembre 2006

"C'est une maladie", explique, à la fois amusé et résigné, le radiologue et restaurateur Champlain Charest au sujet de ses achats de vin.

Car malgré son âge (75 ans) et la quantité phénoménale de bouteilles qu'il possède déjà, il continue à en acheter. Tout cela commença en 1964, au contact de son collègue André Légaré, tous deux travaillant alors à titre d'associés radiologues à l'hôpital Saint-Luc de Montréal.

"J'ai été contaminé par mon associé, dit-il. Il avait fait une partie de ses études à Paris, moi j'en avais faites à Boston. Je n'avais pas eu beaucoup d'occasions de boire de vin aux États-Unis. Je connaissais le scotch, et lui le vin."

À l'époque, comme on sait, très peu de gens connaissaient le vin au Québec. Or, chose rarissime, il entra en contact dès le départ avec les plus grands vins. Lesquels, en ce temps-là, étaient très peu chers. "André m'invitait à boire du vin. Mais c'étaient toujours de grands vins: Latour, Lafite, Pétrus, la Romanée-Conti, etc.", rappelle-t-il.

Il achetait alors peu de vin, même si, dit-il, "les bouteilles n'étaient pas chères, on avait un Beaune Clos des Mouches pour à peu près 3,50 $". (Ce bourgogne, qui existe en blanc et en rouge, coûte aujourd'hui 90 $ la bouteille.) Il se souvient fort bien de la première caisse de vin qu'il acheta, vers 1970, à savoir l'Hermitage La Chapelle 1967 Marquis de la Tourette. "C'était bon, même si c'était pas une bonne année."

Un ami de Riopelle

Très lié avec le peintre Jean-Paul Riopelle, dont il avait fait la connaissance à Paris à la fin des années 60 et pour lequel il fit construire un atelier tout près de chez lui, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, il acheta, à sa suggestion, à la même époque, le magasin général de l'endroit.

"Riopelle m'a dit: achète ça, on va pas laisser construire un motel en plein milieu du village. On voulait sauver un site, c'était à vendre."

Lui et Riopelle transformèrent le magasin en restaurant, lequel ouvrit ses portes en septembre 1974 avec 2 000 bouteilles. "J'ai fermé le restaurant en 1980 parce que je perdais de l'argent." Il ajoute, blagueur: "J'ai rouvert en 1987 parce que je m'ennuyais du peuple." Il en était alors à 12 000 bouteilles de vin.

Aujourd'hui, il a environ 35 000 bouteilles. Soit 25 000 à son restaurant le Bistro-à-Champlain, et "10 ou 12 000" de plus disséminées dans quatre autres caves personnelles, toutes quatre au Québec.

Les habitués de son établissement le savent: le restaurant compte même une cave uniquement consacrée au stockage de "200-250" grands formats, dont quantité de bourgognes du Domaine de la Romanée-Conti. Personnage qui fait dans la démesure, réputé aussi pour sa générosité, il a même déjà acheté, à la vente annuelle des Hospices de Beaune, trois fûts de bourgogne rouge 1990 (900 bouteilles).

Et il boit du vin tous les jours. "Si je ne bois pas de vin, c'est que je dors, lance-t-il. Le problème, c'est que ça me coûte de plus en plus cher. Parce que je bois mieux."

Une maladie de l'oeil l'a privé depuis quelques années d'une bonne partie de sa vue. Il fait avec, comme on dit. "Je ne peux plus lire, je ne peux pas conduire."

Enfin, il a une autre passion - la peinture et il continue d'aller voir des expositions malgré ses problèmes de vision.

Comme tous les ans, sa conjointe Monique Nadeau et lui seront présents à ce qui est devenu l'événement le plus prestigieux au Québec en matière de vin - Montréal Passion Vin (MPV) - qui a lieu cette année les 24 et 25 novembre.

Un événement dont le fondateur a été Jean Saine, du milieu du marketing, qui devient la Personnalité MPV 2006, et auquel sera rendu ainsi hommage pour sa ténacité.

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Les encans ont la cote

Vincent Marissal, La Presse, 28 octobre 2006

L'argent du vin

On dit souvent qu'en période de ralentissement économique, ce sont les ventes de produits de luxe qui pâtissent d'abord.

À en juger par les ventes records des monopoles d'État au Canada et, encore plus, par le succès sans précédent des ventes aux enchères de grands vins en Amérique du Nord, il semble que les amateurs de vin ne s'inquiètent pas trop d'une éventuelle récession.

Chose certaine, la bulle spéculative des vins rares et prestigieux continue de gonfler, de gonfler, de gonfler... C'est à se demander où cette folie de la fiole de luxe va s'arrêter.

Premier exemple : le grand encan annuel organisé par la maison Ritchies et la LCBO (soeur ontarienne de la SAQ), tenu il y a deux semaines à Toronto, et dont cette chronique faisait état au début du mois.

Les organisateurs prévoyaient que la vente aux enchères des quelques 16 000 bouteilles réparties dans 1600 lots rapporterait environ 2 millions. Pari tenu, et plus, les amateurs de grands vins ont dépensé en trois jours 2,5 millions à Toronto. C'est beaucoup d'argent pour un "petit" marché comme le Canada.

Plus modestes, mais aussi courus, les encans de vins prestigieux se multiplient aussi au Québec ces dernières années. Ainsi, les 300 billets (à 1600 $ pièce) de la vente aux enchères de Montréal Passion Vin, qui aura lieu à la fin novembre, sont tous vendus depuis avril. Cet encan dont les profits sont versés à la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont a rapporté près de 200 000 $ l'an dernier. Selon les organisateurs, certains amateurs sont prêts à dépenser jusqu'à 45 000 $ pour faire quelques achats lors de cet événement.

Cet engouement pour les illustres bouteilles n'est pas un phénomène isolé. La revue américaine Wine Spectator (WS) notait dans son numéro d'octobre une hausse marquée des recettes des encans aux États-Unis.

La maison Acker Merrall and Condit a battu le record de recettes pour la vente d'une seule cave à vin en amassant 10,6 millions US en janvier avec les bouteilles d'un grand collectionneur américain. Sa concurrente Sotheby's, elle, a tiré 7,8 millions US de la vente aux enchères des 8500 bouteilles d'un riche amateur floridien.

Wine Spectator, qui suit en direct le prix des grands vins sur son site Internet, une bourse des vins en quelque sorte (il faut être membre pour consulter cette section), estime que le prix des vins de collection a augmenté de près de 12 % durant les six premiers mois de l'année.

La tendance est lourde, note le WS : il y a plus d'encans, plus de bouteilles qui se vendent plus cher et les acheteurs sont insatiables. Les grandes maisons d'encan rapportent vendre plus de 90 % de leurs lots.

Qu'est-ce qui se vend le mieux? Les grands classiques de Bordeaux, sans surprise. Quelques pièces de musée, qui ne seront probablement jamais débouchées, s'échangent pour des prix astronomiques. En mai, Sotheby's a vendu deux magnums de Cheval-Blanc 1947 pour la rondelette somme de 105 000 $ et un magnum de Château Margaux 1900 à 64 625 $.

Avis aux collectionneurs, les Bordeaux du millésime 1982, grand classique parmi les classiques, connaissent en ce moment la plus forte hausse parce qu'ils arrivent ces années-ci à leur apogée. Ça promet pour les Bordeaux 2005, millésime célébré dès sa naissance comme un géant comparable aux 1982, 1989 et 1990. Avec beaucoup d'argent (parce que les 2005 sont inabordables) et beaucoup de patience, vous pourriez faire un coup d'argent en 2030.

C'est peut-être cette frénésie pour les vins prestigieux du bordelais qui a poussé le maire de Paris, Bertrand Delanoë, à mettre aux enchères une bonne partie de la cave de la mairie.

M. Delanoë, qui reçoit moins et plus modestement que ses prédécesseurs, a liquidé environ 5000 des 10 000 bouteilles accumulées dans la cave de la mairie à l'époque où Jacques Chirac régnait sur Paris.

Cette vente a rapporté plus de 1 million de dollars. Les adversaires de M. Delanoë l'accusent de dilapider le patrimoine de la Ville en vendant ces trésors au plus offrant.

Les traditions se perdent, mais pas les profits.

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