Un événement philanthropique qui offre grands millésimes, vins rares et un banquet gastronomique.
Pour nous joindre | English

Revue de Presse 2005

Le vin selon Dovaz

Jean Aubry, Le Devoir, 25 novembre 2005

Paris - Parmi les acteurs de la presse française du vin, Michel Dovaz est décidément un drôle d'oiseau. Suisse d'origine, domicilié en France depuis des décennies, on le reconnaît au premier coup d'oeil derrière son éternel veston-col roulé clair et sa tête blanche qui donne toujours l'impression d'un oiseau justement tombé du nid. Mais il n'est pas à côté de ses pompes pour autant! L'homme est un franc-tireur qui pique au vif, remet sans cesse en suspension les lies fines des conventions et s'adonne avec un malin plaisir à prendre le contre-pied des versions officielles, histoire de relancer le débat dans une France du vin qui, avouons-le, est quelque peu endormie sur ses lauriers de nos jours.

C'est tout Dovaz: à la fois méthodique et baratineur, érudit, un rien dandy, à peine turbulent, viveur, précis, excellent dégustateur et curieux de tout. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur le vin, notamment une encyclopédie du champagne, publiée chez Juillard en 1983 et dont il est une autorité en la matière, l'homme a aussi été du début de l'aventure avec le Guide Hachette des vins, dont il a laissé à d'autres le soin de poursuivre l'aventure cette année. C'est avec Constant Bourquin, fondateur de l'Académie internationale du vin et son mentor, qu'il partira très tôt à l'assaut du vignoble français.

Depuis, il a longuement médité sur la chose. C'est d'ailleurs devant une bouteille de champagne Veuve Devaux qu'il poursuivait sa réflexion au moment de notre rencontre.

Sur le vin: "Le vin est la parfaite illustration du principe de causalité. Tout ce qu'il y a avant se traduit parfaitement en bouteille. Nous en sommes les spectateurs mais aussi les acteurs avec notre goût", dira-t-il avant de poursuivre, enthousiaste: "Le vin, c'est du bonheur! Je le classerais en deux types: le vin boisson que l'on boit par rapport au vin société que l'on ne boit pas parce que basé sur une réputation et un prix qui interdisent trop souvent qu'on le boive. On fait d'ailleurs trop souvent tout un cinéma avec le vin!"

Sur la dégustation: "Il vaut mieux juger une maison pour avoir une idée de sa qualité d'ensemble plutôt qu'un vin seul qui, ce jour-là, peut ne pas être à la hauteur. Les maisons champenoises en sont la parfaite illustration." Et Robert Parker Jr.? "L'homme, que je connais, est redoutablement intelligent, mais je ne sais toujours pas si ce qu'il fait est conscient ou inconscient. Sur la couleur et la concentration, par exemple, on a l'impression que sa vision des choses est délibérée, qu'il l'impose à son lecteur alors que le mot finesse n'apparaît jamais dans ses notes. À l'évidence, il y a des types de vin qu'il ne saisit pas." Personnellement, je trouve lamentable cette espèce d'à-plat-ventrisme qu'entretiennent les Français sur les fameuses Parker Notes. Comme s'il n'y avait pas de journalistes suffisamment crédibles en France pour évaluer les vins! Lamentable, vous dis-je.

Sur l'avenir du vin en France: "Le tout est de savoir si l'on buvait trop et aujourd'hui pas assez. Les années qui viennent seront cruciales pour l'INAO [Institut national des appellations d'origines] au sein de la Communauté européenne. La prochaine décennie sera peut-être celle du raisin et de son porte-greffe adapté au terroir, ce qui est encore loin d'être le cas aujourd'hui. Un défi qui attend l'INAO. Mais la qualité finit toujours par payer. Si tu mets les bons moyens, tu auras les bons effets. Principe de causalité, encore une fois. Regardez Jean Gautreau à Sociando-Mallet, par exemple."

Et le champagne? "C'est le vin boisson par excellence. C'est aussi le seul vin que l'on puisse boire 24 heures sur 24, à minuit comme à midi. Hormis sur les fromages gras et les viandes saignantes, il se débrouille parfaitement à table. Enfin, c'est un vin moderne par sa grande fraîcheur et parce qu'il est techniquement irréprochable. Sinon, c'est loupé! Saviez-vous, d'ailleurs, que ce sont les Anglais qui ont découvert le champagne? " Les Anglais l'ont peut-être découvert, mais l'homme au col roulé, lui, en boit et en parle. «Ce qui compte, c'est d'être un homme libre!", lancera-t-il avant de nous quitter. Tiens, il ne serait pas un peu anarchiste avec ça, le Dovaz?

Montréal Passion Vin, mouture 2005

Après une quatrième tenue fort réussie il y a tout juste un mois de ça, on commence à parler de l'événement de ce côté-ci de l'Atlantique. Normal, le Québec y est reconnu non seulement pour l'intérêt des nombreux amateurs qui se sont déplacés pour l'occasion (300 pour chacune des nombreuses dégustations et 450 pour le banquet de clôture avec les superbes vins de la maison E. Guigal) mais aussi pour le contexte à la fois très chaleureux et professionnel de cette fête consacrée aux grands vins de terroir. D'ailleurs, plusieurs vignerons que je croise à Paris lors de dégustations aspirent pour cette raison à participer aux présentations futures. En ce qui a trait aux chiffres, Montréal Passion Vin a remis cette année à la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont la somme de 360 000 $. Vivement le millésime 2006!

top

 

Dialogue sur le vin

Mario Girard, La Presse, 22 novembre 2005

C'est en grande partie grâce au sommelier François Chartier que Gérard Depardieu lance sept de ses vins au Québec. C'est lui qui a suggéré il y a deux ans, à l'événement Montréal Passion Vin, d'importer les vins de l'acteur. Les négociations s'étant déroulées rondement, le vigneron se retrouve donc à Montréal pour lancer dans les SAQ les vins Lumière 2002, Confiance 2003, Premières Côtes-de-Blaye, La Croix de Peyrolie 2003, Ma Vérité 2002, Sangue d'Oro 2002 et Château de Tigné en hommage à la Nouvelle-France.

Il fallait donc qu'ils se rencontrent. Lui, l'acteur-vigneron, l'autre, le sommelier le plus en vue au Québec. Le temps d'un tête-à-tête qui a duré une heure, Gérard Depardieu et François Chartier ont échangé sur leur passion commune: le vin.

"Pour casser la glace, j'ai apporté un ice wine ayant comme base un cabernet franc", dit François Chartier de sa façon d'accueillir celui dont il admire visiblement les vins. Depardieu est immédiatement intrigué. "Comme c'est étonnant", dit-il en se plantant le nez dans la coupe.

"Ça m'a surpris de savoir que vous avez d'abord acheté en Anjou alors que vous aviez un grand intérêt pour la Bourgogne", demande d'emblée François Chartier. "La Bourgogne, c'est très petit et c'est très cher, dit Depardieu. Mais j'y arrive autrement. Regarde mon vin Confiance, c'est un Côtes-de-Blaye." "Et il est remarquable", s'empresse de dire François Chartier.

Le sommelier lui demande ensuite de parler de ses débuts en tant que vigneron. "Lors de ma première cuvée à Anjou, qui était pour Jean Carmet, ils m'ont tous regardé comme Jean de Florette, comme un abruti", dit Depardieu en rigolant.

Avec son associé Bernard Magrez, Depardieu possède des terres en Europe et en Amérique du Sud. Les deux hommes songent maintenant à acheter quelques parcelles dans le Roussillon. "Ce n'est pas pour faire de l'argent. Ce qui compte, c'est d'avoir le terroir et la culture de ce terroir car l'homme qui a vendu cette parcelle, on doit le remettre dans sa terre. Tout cela me plaît parce que c'est naturel."

"Comment s'est fait la rencontre avec Bernard Magrez?" demande François Chartier. "On s'est reniflés. Et finalement, il est aussi insupportable que je peux l'être aussi, alors on s'est entendus. Il y a une exigence chez Bernard qui est presque maladive. Mais, en même temps, c'est une force spirituelle."

Ces deux passionnés partagent leur vision du rôle du vigneron. "C'est l'instinct des vignerons qui est important, dit Depardieu. Il y a deux films qui se rapprochent de cela et c'est Jean de Florette et Manon des sources. Les hommes qui m'ont appris ce métier sont des hommes d'instinct."

Quand François Chartier aborde le sujet des vins du Nouveau Monde, Depardieu a cette phrase: "Il n'y a pas de petits vins. Le vin ressemble à celui qui le fait."

La discussion bifurque ensuite du côté du mot terroir, qui n'existe pas en anglais. François Chartier évoque un livre américain sur l'histoire du terroir et précise que le titre est demeuré Terroir. "Les Américains sont de grands biographes, dit Depardieu en riant. Ça ne m'étonne pas qu'ils aient fait la biographie de la terre."

top

 

Des vins passionnants!

Jacques Benoit, La Presse, 19 novembre 2005

Quel fut le clou de la quatrième édition de Montréal Passion Vin, qui s'est tenue les 28 et 29 octobre dernier?

Très couru (les billets étaient déjà tous vendus dès avril dernier), l'événement, faut-il dire d'entrée de jeu, a connu le même succès qu'à l'habitude.

Quel en fut donc le clou? Quels furent les plus grands vins parmi les 45 que dégustèrent les 300 participants pendant ces deux journées?

Difficile de trancher, en fait, entre des vins aussi prestigieux que ceux qui défilèrent au cours des huit dégustations auxquelles l'événement donna lieu...

Faudrait-il à tout prix trancher, cependant, mon choix se porterait sur le Pauillac Premier Grand Cru Classé Château Latour, dont furent dégustés à la fois un millésime de son deuxième vin (de jeunes vignes, notamment), à savoir les Forts de Latour 2003, puis les 2003, 2002, 2000, 1996, 1995 et 1982 du Château Latour lui-même.

Magnifique deuxième vin, le Pauillac 2003 Forts de Latour, à la fois dense, serré et d'une grande distinction, et puis aux tannins tendres dans ce millésime, est de toute évidence du niveau de certains crus figurant dans le célèbre classement de 1855. Un classement, comme on sait, resté le même depuis ce temps, sauf pour le reclassement, en 1973, du Pauillac Château Mouton-Rothschild, qui passa alors de deuxième à premier grand cru classé.

Le Château Latour lui-même réservait aux dégustateurs d'amples surprises! Car, en bref, chaque millésime se présentait, si l'on peut dire, avec sa personnalité propre.

Charnu, élégant, le 2003, dans le style des Forts de Latour mais en plus ample, avec un boisé passablement apparent pour l'instant, est un vin déjà délicieux à boire en raison de l'onctuosité de ses tannins.

Très serré, compact, mais pourvu en même temps d'un très beau fruité, le 2002 est tout le contraire, et donc austère à cause de la fermeté de ses tannins.

Suivait le 2000, une pure merveille, onctueux, opulent, lequel, à mon sens, a droit au titre suprême de vin complet.

Pourvu d'un bouquet déjà un peu évolué, complexe, le 1996, aux allures aristocratiques, austère, a une trame très serrée et des tannins compacts, rappelant le 2002.

Le 1995 est un peu plus évolué que le 1996, assez austère lui aussi comme l'est souvent ce grand vin, et davantage prêt à boire.

Et le 1982? Évolué, riche en nuances genre cuir, fruits cuits, et même iode, il a séduit quantité de dégustateurs, alors qu'il m'a semblé avoir dépassé son apogée. Question de goût...

Plus de 1500 bouteilles

C'est plus de 1500 bouteilles, au total, qui furent débouchées à cette occasion.

Et, comme à l'habitude, les dégustations firent qu'on pu comparer non seulement différents millésimes de mêmes vins, mais aussi de déguster, côte à côte, et donc de comparer des vins d'une même appellation, mais de style différent.

Exemple éloquent, la Noble Cuvée des Champagnes Lanson (1998, 1988 et 1981) et la Cuvée Femme de Duval-Leroy (1995, 1996 et 1990), dégustés le vendredi matin, à l'ouverture de l'événement.

Or, il y eut des dégustateurs qui ne juraient que par le style Lanson- un peu sévère, plus acide, ce qui en fait un champagne qu'on peut très bien boire à table-, et d'autres qui n'en avaient que pour la Cuvée Femme, plus tendre, d'accès plus facile!

Évolué, la Noble Cuvée 1981 Lanson avait pourtant mieux tenu que le 1988, alors que la Cuvée Femme 1990 (mon préféré des six vins), d'une parfaite élégance et au charme irrésistible, brillait de tous ses feux!

S, 733238, 139 $ (!), **** $$$$$, à boire, 3-4 ans?

Il y eut aussi les Chablis Grands crus Grenouilles Louis Michel (2003, 2002 et 2001), non boisés, et dont le plus épanoui était le 2001.

Suivait le Chablis Grand Cru Les Clos William Fèvre (2003, 2001 et 1999), légèrement boisé, d'un style très différent, avec encore là, à mon sens, le 2001 qui devançait les deux autres par sa richesse de nuances.

Un conseil de Didier Séguier, l'oenologue et responsable de la vigne chez William Fèvre: on verse en carafe le Chablis " tout de suite avant de servir " pour lui permettre de développer plus rapidement ses arômes.

Impossible, toutefois, de faire état de tous les vins qui furent goûtés à cette occasion...

Du célèbre Angelo Gaja, du Piémont, dont les vins ont la carrure et même souvent la rudesse du Nebbiolo, je retiens avant tout son Brunello di Montalcino 1998 Rennina, élaboré celui-là avec du Sangiovese, ferme, carré, solide, mais avec aussi beaucoup d'éclat.

Pour le Saint-Émilion Premier grand cru classé Château Figeac, c'est le 2001, aux tannins veloutés, d'une parfaite distinction, qui me sembla éclipser les autres millésimes (1998, 1995 et 1990).

Les grands portos de Taylor Fladgate étaient aussi au rendez-vous. Comble de malchance, le 1963 qui fut servi à la table où je me trouvais était partiellement bouchonné, le 1977 un peu déclinant, alors que d'autres bouteilles étaient, dit-on, grandioses, et que le 1985 servi à ma table manquait de netteté.

Mais 1994, énorme et encore tout d'une pièce, le 2000, prodigieux S, 708966, 140 $, ****(*) $$$$$, 15-18 ans, le 2003, un peu moins riche quoique splendide, étaient tous trois extraordinaires.

Pour Frescobaldi, ce sont le Mormoreto 2001, dense et élégant, et le 1988 du même vin, un peu évolué, mais pas du tout déclinant, tous deux faits avec des cépages bordelais, qui me parurent les plus réussis.

Puis, sept vins de la maison Ernest Guigal, de la vallée du Rhône, furent servis au banquet de clôture. Dont ses trois plus réputés Côte-Rôtie dans le millésime 2000, à savoir La Mouline, très boisé et flatteur, La Turque, dense, plus riche, et enfin La Landonne, compact, un peu rude, et qui m'a personnellement séduit davantage que les deux autres, lesquels étaient en vente encore récemment, mais désormais épuisés.

Ont travaillé à l'événement, sur les deux journées, plus de 40 sommeliers et étudiants en sommellerie. Sous la direction, pour le service, du sommelier et professeur de sommellerie Don-Jean Léandri, alors que l'amateur passionné et consultant en vin qu'est Sylvain Denis dirigeait les opérations dans les coulisses: débouchage, décantage au besoin, réglage des températures, etc.

Comme l'an passé, les dégustations furent animées avec à la fois brio et doigté par l'auteur du Guide du vin, Michel Phaneuf.

Un vin de Nouvelle-Zélande

Peu présente jusqu'ici sur le marché du Québec, la Nouvelle-Zélande et ses producteurs semblent décidés à s'y implanter davantage et tenaient récemment, dans cette optique, à Montréal, une dégustation d'une vingtaine de vins de ce pays, en présence de Robert Ketchin, son directeur du marketing pour le Canada.

On peut goûter ainsi, de la variété la plus cultivée là-bas, le Marlborough 2005 Sauvignon Blanc Oyster Bay, peu coloré comme tant de vins de ce cépage, au bouquet typé, mais retenu, dépourvu de notes herbacées. Et puis, plutôt léger en bouche, avec des saveurs bien mûres, et un petit quelque chose de légèrement sucré, le tout bâti sur ce qu'il faut d'acidité à tout vin blanc. Fort bon.

C, 316570, 20 $, **(*) $$, à boire.

Vin du Rhône, et dont le bouquet, un peu particulier à l'ouverture de la bouteille, se développe très bien par la suite, le Côtes du Rhône Villages Chusclan 2000 Château Signac, richement coloré, au bouquet volumineux, marqué avant tout par des arômes de fruits noirs du Grenache, est un vin bien en chair, joufflu (si l'on peut dire), au bon goût de fruit et aux tannins bien ronds. Délicieux.

S, 917823, 19,90 $, *** $$, à boire, 1 an.

top

 

Two Contrasting Italians: One Charges a Small Fortune, the Other Doesn't (en anglais seulement)

Malcolm Anderson, The Gazette, November 19th, 2005

Angelo Gaja is considered a leader of Italy's wine industry, and with good cause. In the 1960s and early '70s, when the winemaking world was only just beginning to give thought to improving its wines, he was already doing it. He was producing much lower yields from vineyards and improving control over every aspect of winemaking, and as a result his wines were shaking the wine world.

Gaja was in Montreal recently for Montreal Passion Vin. While here, he spoke to the press about his wines and philosophy. He is a man of charisma, presence and eat humour, so it was no surprise when his presentation started: "Italy is a country governed by confusion."

Such a statement from an Italian would normally raise eyebrows, but not from him. That was only his opening remark.

He spoke of the confusion of the rules that govern the appellation system for wine, and how some of the best wines, because they are made outside the rules, have to be called table wines. But, he added that confusion sometimes works for Italy because by moving outside the rules, Italian winemakers have been able to give free reign to their creativity and produce such wonderful wines as Tignanello and Sassicala.

He noted that in France, on the other hand, there is no confusion. All is regulated, especially in winemaking, where the producers' hands are tied by very formal and strict rules that say, "only this wine, made this way, may be produced here." He concluded, "perhaps France could use a little confusion."

All Gaja's wines are impressive. He also charges very high prices - too high! - for them, a fact he puts down (with a twinkle in his eye) to a genetic defect in the family. His father also charged high prices. There are 50 available at the SAQ. The least expensive is a $30 half-bottle of Gaja, Sita Moresco, Langhe, 2001, and the most expensive a five-litre bottle of Gaja, Sperss, Langhe, 1998, costing $2,684.

Young Gaja wines are not easy to taste on their own, because of the very firm tannins, but with food they come into their own. During his stay, I was lucky enough to dine with Gaja at the queue de Cheval, where the superb beef - in this case a dry-cured steak, New York cut - was a perfect match for the Barbaresco, San Lorenzo, 1999.

Here are three of his wines, starting with a white, the Gaia & Rey, Chardonnay, Langhe, 2001, $138, 10205093 (remember what I said about price). Gail is the name of his daughter, making her full name Gaia Gaja. Rey is the maiden name of his grandmother.

The wine has gentle oak-vanilla showing on the nose with lovely, dry lemon marmalade aromas, while on the palate there is rich marmalade fruit with very soft, nicely balances oak-vanilla.

The nose and palate of the red Barbaresco, Costa Russi, Langhe, 1998, $400, 00746867 were dominated by beautiful big black cherry fruit, and while the tannins are still firm they are not difficult to handle with food. It is a well-balanced wine that you can leave in your cellar and try again in five years time. Rating 4 going to at least Rating 4 ½.

To show the world that he can handle international red grape varieties, Gaja makes a cabernet sauvignon, the Darmagi, Langhe, 1998, $280, 00746529. It shows all the trademarks of the house: concentration, length and longevity and has intense blackberry-black-currant fruit on the palate but tannins that say, "go away and leave me alone for 10 years". Rating 3 ½ going to Rating 4.

Marchesi Leonardo di Frescobaldi is the complete opposite of Angelo Gaja: modestly soft-spoken and even rather shy.

What he does have in common with Gaja, however, is a desire to make fine wines. Fortunately for you and me, they're at reasonable price levels. He, too, was at Montreal Passion Vin, where he presented five of his family's wine, one of which was the result of a joint venture in Italy with Mondavi of California. The wine is called Luce della Vita.

The Robert Mondavi Company is being sold, and one of the results of this sale is that the joint venture is now totally owned by the Frescobaldi family. The Marchesi brought six vintages of Luce with him from Italy that Montreal journalists were privileged to taste. It was interesting to sample a wine from its first appearance in 1993 through to 2001, the vintage on our shelves.

The first two vintages were rather tough and difficult - theses were the company's first attempts at a 50/50 merlot sangiovese wine - but as the years passed the wine developed into a very Italian international blend and the Marchesi Frescobaldi, Luce della Vita, 2001, $98, 00553990 shows that the sangiovese dominates, particularly on the palate, but the smooth silky blackberry taste of the merlot blends beautifully on the palate with the dry cherry and plum fruit of the sangioveses to make a wine that has rather tough tannins today but is worthy of cellaring. Rating 3 ½ going to Rating 4 at least.

Let's taste less expensively.

The red Chevalier Dyonis, Pinot Noir, Dealu Mare, 2004, $9.40, 00554139 is from Romania. It has just a little hint of the barnyard, which pinot noir sometimes shows on its nose, while on the palate there is a mix of black and red-berry fruit flavours with and easy tannic finish. You may have noticed that in the vas majority of cases wines made from the pinot noir grape are some of the most expensive wines on our shelves. It is to the credit of the producer that he can produce a version that is quite variedly correct at this low price. Rating 3 ½.

The white Hermanos Lurton, Rueda, 2004, $15.45, 00727198 is from the Rueda region of Spain. This is located on and to the south of the Duero River, about 100 kilometres east of the Portuguese border.

This is where the Duero becomes the Dourou River of port wine fame as it leaves Spain and enters Portugal.

The wine has a nicely herbal nose along with apple and lemon aromas - rather like an aromatic, full-flavoured pinot grigio from Italy. On the palate there is rich, very slightly sweet apple and lemon fruit, again with a herbal presence especially towards the finish and as the wine warms in the glass. Keeping the wine chilled at table is a way of keeping the herbal aspect from dominating the flavours. Rating 3 ½.

top

 

Vins

Stéphane Émond, Voir, 17 novembre 2005

Des personnages

Nous parlions la semaine dernière du rendez-vous québécois des grands personnages du monde vitivinicole: Montréal passion vin. Or, les organisateurs de cet événement ont décidé de créer le Prix Personnalité Montréal passion vin pour souligner l'apport de grands Québécois (n'oeuvrant pas dans le milieu de la sommellerie) au développement de la passion du vin chez nous.

Tant au sein du comité responsable de la nomination que parmi les journalistes spécialisés et les oenophiles, le nom de Champlain Charest a fait l'unanimité. Parallèlement à sa carrière de radiologue, cet homme de culture, bon vivant et épicurien a développé une passion galopante pour le vin. En partenariat avec son bon ami, le peintre Riopelle, il fonde un restaurant à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Aujourd'hui, le Bistro à Champlain est reconnu comme une des meilleures tables et le plus important cellier au Canada. Grâce à ses liens avec les plus importants vignerons du monde, à sa participation à de nombreuses oeuvres de charité, au soutien qu'il apporte aux jeunes sommeliers de talent et à ses nombreuses autres activités vineuses, il est définitivement un des piliers du grand cercle des amateurs québécois.

La relève

Toujours sous la rubrique "Personnages", les grandes familles viticoles sont souvent représentées à l'étranger par leurs patriarches. Chez Guigal, on a décidé d'envoyer le jeune fils à la conquête des dégustateurs du Québec. Ayant rencontré Philippe Guigal quelques mois auparavant à la propriété, on est très intéressé à l'entendre livrer sa philosophie chez nous. La continuité ne se trouve pas seulement dans le discours sur les grands crus. Cette maison propose des vins de négoce de très belle qualité à des prix plus que raisonnables dont voici deux exemples:

Rouge Côtes du Rhône E. Guigal 2001, France, 03536650 501002, 19,90 $ ***

Très connu au Québec, ce fer de lance commercial de la maison est d'une régularité impressionnante, millésime après millésime. Ayant dégusté le 2002 sur place (récolte catastrophique marquée par un déluge de deux semaines), je l'ai trouvé, ma foi... réussi. Pour arriver à ce résultat, Philippe Guigal m'affirmait qu'ils ont dû refuser 90 % des récoltes. Ils n'ont acheté que certaines Syrah (plus hâtives) ayant été récoltées avant les pluies. Le 2001, actuellement sur les tablettes, est tout particulièrement savoureux. Le nez opulent aux nuances d'olives et de laurier précède un passage sur les papilles des plus veloutés. Les tannins de qualité combinent la puissance méridionale et le côté tendre du fruit très mûr.

Rouge Gigondas Guigal 2001, France, 03536650 601009, 33,50 $ ***1/2

D'une belle carrure, ce gaillard est plus étoffé et complexe que son petit frère présenté plus haut. Un bouquet d'épices et de champignons est complété par une note rappelant la viande de boeuf crue. Excellent pour appuyer les menus carnés en sauce relevée de l'automne.

Par ailleurs...

Blanc Domaine La Hitaire Les Tours 2004, Côtes de Gascogne, France, 03760054 180017, 12,55 $ **1/2

Bien près des trois étoiles, il fait une belle aubaine de la semaine. Pêche, abricot, poire sucrée, citron confit, bonbons sûrs, notes florales: le nez est particulièrement charmeur. Un brin sucré sur la langue, il garde un équilibre irréprochable.

Blanc Element Classic White Sandalford 2005, Australie, 09312175 401058, 17,40 $ **1/2

Pesant et très plaisant avec de gros parfums de pamplemousse rose, des notes fauves et une bouche fluide, fraîche à la finale nette, presque piquante.

Rouge Saudade 2003, Douro, Portugal, importation privée 450-671-5572, 14,95 $ **1/2

Avec son nom qui évoque cette mélancolie toute lusophone, ce joli rouge coulant déborde d'arômes sucrés: fraise, cannelle, sucre d'orge, poivre noir...

top

 

Montréal et sa passion du vin

Claude Langlois, Le Journal de Montréal, 5 novembre 2005

Quand la passion y est, l'émotion suit forcément. Et c'est encore une fois dans un quasi état de grâce que s'est tenue, le week-end dernier, à l'hôtel Hilton-Bonaventure, la quatrième édition de Montréal Passion Vin.

Qu'est-ce que Montréal Passion Vin, se demandent peut-être encore certains d'entre vous. C'est l'événement vinicole le plus important et le plus prestigieux à se tenir au Québec; et sans doute aussi, par la qualité des vins qui y sont dégustés et de ses invités, sans parler du grand professionnalisme de son organisation, un événement qui peut figurer sans rougir parmi les plus importants du genre en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.

Il a été conçu par une bande de bénévoles au profit de la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, avec à leur tête M. Jean Saine, membre du conseil d'administration de la Fondation.

Seul problème: il est difficile d'avoir le privilège d'y assister puisque le nombre de billets est limité à 300 (450 pour le banquet de clôture du samedi soir) et, depuis sa création, tous les billets se vendent très rapidement, même au coût de 1500 $.

C'est ainsi que cette année, les organisateurs de Montréal Passion Vin ont pu remettre la somme de 325 000 $ à la Fondation.

La prochaine édition aura lieu en novembre 2006 et les billets seront mis en vente au début de l'année prochaine, mais on peut d'ores et déjà montrer son intérêt en s'inscrivant dès maintenant (voir "inscription" sur le site www.montrealpassionvin.ca).

Programme

Figuraient au programme de l'événement cette année les grandes cuvées de champagne des maisons Lanson et Duval-Leroy, les vins de Guigal, Gaja, Frescobaldi, Louis Michel, William Fèvre, Château Latour, Château Figeac, et les portos de Taylor Fladgate.

Moment fort de cette sixième édition, quant à moi: la verticale de six millésimes de Château Latour, Pauillac, premier grand cru classé, présentée par M. Frédérick Engerer, président du domaine (2003, 2002, 2000, 1996, 1982).

On a beau dire, pour ce qui est des plus hauts sommets en matière de vin, il y en a bien peu qui peuvent réellement rivaliser avec les Bordelais.

D'ailleurs, si besoin était, les vins de Château Figeac, Saint-Émilion, premier grand cru classé, en particulier les millésimes 2001 et 1990, sont venus le confirmer.

Autres grand moment, les vins de Guigal présentés par Philippe Guigal, fils de Marcel et petit-fils d'Étienne, et qui depuis 1997 est pleinement responsable de l'élaboration des vins du domaine: Condrieu La Dorianne 2004, Saint-Joseph Vignes de l'Hospice 2002, Côte-Rotie Château d'Ampuis 2002, Côte-Rotie La Mouline, La Turque et La Landonne, tous du millésime 2000, et l'Hermitage 2003.

Des vins qui eux aussi comptent parmi les meilleurs de la planète.

En passant, depuis lundi, la SAQ a mis en vente 22 caisses de chacun de ces trois fleurons de la maison que sont La Mouline, La Turque et La Landomne, dans le millésime 2001, aux prix de 299 $ la bouteille.

Parmi les autres moments d'émotion de l'événement, je parle pour moi bien sûr, la Noble Cuvée 1981 de Lanson (le millésime 1988 le suit de peu), la Cuvée Femme 1990 de Duval-Leroy, et les Vintage 2000 et 2003 de Taylor.)

Et comment passer sous silence la présentation haute en couleur d'Angelo Gaja, celle plus aristocratique du marquis Leonardo De Frescobaldi, et l'instructivité démonstration du sol unique de Chablis avec les vins de styles aussi différents que ceux de Louis Michel et de William Fèvre.

Et je passe par-dessus l'animation intelligente et pertinente de Michel Phaneuf, la bouffe préparée par la brigade de cuisiniers de Moreno di Marchi, du restaurant Le Latini, du chef John Ledwell du 357C, du chef Richard Bastien du Leméac, les amuse-gueules du chef Marino Tavares du Ferreira Café, le service impeccable d'une brigade de sommeliers sous la direction de Don Jean Léandri, et surtout le souci du détail presque maniaque de Sylvain Denis, responsable du service des vins, qui est allé jusqu'à servir les champagnes à des températures différentes pour en magnifier l'expression.

Suggestions

Mais je dois m'arrêter car l'espace va manquer et, comme il faut bien redescendre sur terre, je me garde ces dernières lignes pour vous suggérer des vins pour la semaine.

En commençant par le nouveau millésime du blanc que fait dans les Abruzzes avec sa famille le coureur de Formule un Jarno Trulli, Coste delle Plaie 2004, Trebbiano Castorani (24,95$): un bon vin minéral et généreux à la texture soyeuse, délicat et distingué; très bon.

Et puis, en rouge, rapidement, La cuvée Dell'Abate 2003, Montepulciano d'Abruzzo (18,80$): un vin substantiel avec une belle fraîcheur, des notes florales et de cerises en rétro-olfaction, le tout, je dirais, soutenu par des tannins qui pointent joliment.

De Bordeaux, le Château des Matards 2003, Première Côte du Blaye (16,95$): ceux qui adorent le blanc de ce château devraient essayer le rouge qui est fait avec le même soin, bien proportionné et franc de goût.

Enfin, d'Argentine, à petit prix, le Trumpeter 2004, Cabernet Sauvignon, Maipu, Familia Rutini Wines (13,75$): rien de complexe ici, mais un bon vin honnête qui a du fruit et du corps.

top

 

Chroniques vins: présentation de grands champagnes

Marc Chapleau, Salut, Bonjour! Week-end (TVA), 5 novembre 2005

GINO CHOUINARD (animateur): Marc Chapleau est arrivé. Marc, cette semaine, tu as participé à un événement important où tu as goûté à des vins particuliers.

MARC CHAPLEAU (chroniqueur): Oui, puis on va, tantôt, on va en parler tantôt, on va voir des images, ça ne sera pas long. J'ai pris une résolution, je n'ai pas attendu le 1er janvier.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: Tu sais, de temps en temps, on parle souvent, on s'efforce de parler de vins pas cher, tu sais, à Salut, Bonjour! Week-end, de vins accessibles.

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Mais un moment donné il faut parler de grands vins puis de vins un peu plus cher, de 20 à 50, 100, même 200 dollars. Il faut aller un peu, c'est un peu comme les autos: si on parlait toujours des Toyota Echo puis des Hyundai Accent, un moment donné, on dirait "Tabarnouche, il peut-tu nous parler un petit peu, nous faire rêver avec une Lamborghini, un Porsche, une Ferrari?".

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Ça fait que c'est ça qu'on va faire ce matin.

GINO CHOUINARD: C'est ce que tu vas faire ce matin.

MARC CHAPLEAU: Je t'ai apporté des grands champagnes.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: ...le grand événement au Canada du vin, 300 maniaques réunis dans un hôtel à déguster, c'était comme une messe, à déguster des grands vins. On a des images justement, qui voient un peu (sic). Ça réunit, il y a des gens, il y avait toutes sortes de gens. On se dit que ça doit, qu'il faut être riche pour participer à ça.

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Pas nécessairement. Il y a des étudiants. Il y a des fous, il y a des gens qui se mettent en commun, qui se mettent à plusieurs puis qui dégustent. On goûtait Château-Latour, on a goûté des grands champagnes, on a goûté des grandes choses. Puis tu vas le voir, on le voit, on le remarque, les verres, regarde les verres qu'il y a sur la table. Tu sais, je ne te dis pas Gino, mais c'est tout presque, là.

GINO CHOUINARD: Vous en avez plusieurs?

MARC CHAPLEAU: Oui, puis c'est les mêmes verres, on dégustait dans les mêmes verres qu'on a ici, qui sont (inaudible) à l'ouverture, pour te dire qu'on est équipé. Et là, je t’ai apporté un grand champagne, mais un très grand. Ce que tu as dans ton verre, c’est du Lanson Noble Cuvée, la cuvée haut de gamme 88.

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Tu sais, souvent, on dit que le champagne, ça ne vieillit pas, il faut boire ça.

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Les champagnes millésimés, ceux qui portent une année, ça vient de, c'est des champagnes qui proviennent d'une grande année...

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: ...on peut les attendre un peu.

GINO CHOUINARD: Ça coûte combien, ça?

MARC CHAPLEAU: Cent vingt.

GINO CHOUINARD : Cent vingt dollars.

MARC CHAPLEAU: Cent vingt dollars

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: Et crois-moi...

GINO CHOUINARD: Est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Moi qui n'est pas un amateur de champagne, je vais voir la différence?

MARC CHAPLEAU: Bonne question. Souvent les gens, oui, pense que oui. C'est très suave, tu as une effervescence qui n'est pas trop prononcée. Je parlais de l'analogie avec l'auto. Tu sais, tu embarques dans une Porsche, une Ferrari, une Lamborghini, ce n'est pas évident si tu n'as jamais conduit d'auto fougueuse comme ça, sportive, avec bien des chevaux, que tu vas être à l'aise puis tu vas la maîtriser. Un grand vin, c'est pareil. Souvent les gens...Puis même, je parle de 20 à 30, 40, 45, il faut leur goûter plus qu'une fois. La première fois, tu peux dire Ouais, c'est bon, mais me semble que ça ne vaut pas 40, 45, 50, 100. Il faut que tu reviennes - méchante punition - pour leur goûter une deuxième fois.

GINO CHOUINARD: Oui.

MARC CHAPLEAU: Mais il faut que tu reviennes, il faut que tu le regoûtes, puis tu vas t'habituer, un peu comme l'auto que tu vas te mettre à maîtriser, tu vas dire "Ah, regarde c'est le fun dans les courbes, ça colle, ça tient bien, le centre de gravité." Le vin, c'est pareil. La texture va te sembler, tu vas apprécier des nuances, tu vas être plus, plus ouvert.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: C'est bien important.

GINO CHOUINARD: Et tu as apporté autre chose ce matin pour nous, un bon vin de la Toscane, c'est ça?

MARC CHAPLEAU: J'ai apporté un des grands rouges. C'est ce qu'on a goûté à Montréal Passion Vin, je te fais remarquer.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: Les gens ont payé mille dollars pour deux jours pour goûter, pour plus que ce qu'on goûte en ce moment, mais je t'ai apporté des bonnes affaires.

GINO CHOUINARD: Mon Dieu.

MARC CHAPLEAU: Alors le Mormoretto, qui est un vin italien de Toscane, c'est 55. Mais les Fêtes s'en viennent - c'est loin, c'est plate de parler des Fêtes - mais...

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: ...si vous devez vous payer juste une bouteille, être assuré de boire un grand vin, c'est celui-ci, à 55 dollars dans à peu près toutes les bonnes SAQ.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: Ça donne vraiment un aperçu de ce que ça peut être, puis c'est très suave. Celui-là est plus accessible encore, il est plus facile à boire.

GINO CHOUINARD: Tu le servirais avec quoi, pour guider les gens à la maison?

MARC CHAPLEAU: Avec une viande rouge...

GINO CHOUINARD: Rouge?

MARC CHAPLEAU: ...à peu près n'importe quelle viande rouge.

GINO CHOUINARD: OK.

MARC CHAPLEAU: Et on a mis, tu en parlais tantôt quand tu as annoncé la chronique, on a parlé de grands vins ce matin - je vais en parler une fois de temps en temps, parce qu'il faut rêver un peu.

GINO CHOUINARD: Bien oui, pourquoi pas?

MARC CHAPLEAU: On va relever le niveau, on va en parler. Mais sur le site Internet, vous allez trouver deux suggestions de rouge à bon prix, de bons achats, bons rapports qualité-prix quand même parce que, pour contrebalancer un peu le budget.

GINO CHOUINARD: Bien oui, c'est ça. Et sur le site, il y a, c'est de choix à 12, 13 dollars, je pense.

MARC CHAPLEAU: C'est ça.

GINO CHOUINARD: D'excellents choix en plus.

MARC CHAPLEAU: Exactement.

GINO CHOUINARD: Des fois à ce prix-là on peut tomber avec un vin de moins bonne qualité, ou de très bonne qualité, alors...

MARC CHAPLEAU: C'est ça. Mais je vais en mettre régulièrement, puis il va y en avoir plus sur le site qu'est-ce qu'on va montrer.

GINO CHOUINARD: Ah, super.

MARC CHAPLEAU: Parce qu'on a l'occasion sur le site d'en mettre beaucoup. Moi, j'en goûte des dizaines et des dizaines par semaine.

GINO CHOUINARD: Alors, tu vas nous fournir ces informations-là.

MARC CHAPLEAU: Oui, Monsieur!

GINO CHOUINARD:...pour nous guider dans nos choix de vins pas très cher. Bien merci.

MARC CHAPLEAU: Santé!

GINO CHOUINARD: C'est très apprécié, merci bien.

top

 

Le nouvel élan de l'Italie

Jacques Benoit, La Presse, 5 novembre 2005

L'Italie est à la veille de connaître une nouvelle révolution au plan viticole, prédit Angelo Gaja, du célèbre domaine piémontais du même nom.

Car, "depuis 10 ans, les Italiens ont compris qu'ils ont un héritage incroyable", expliquait-il à l'occasion de sa venue récente au Québec.

Commencé dans les années 70, le premier grand bouleversement vit naître, d'abord en Toscane, nombre de vins magnifiques, tels le Sassicaia et le Tignanello, conçus en dehors de toutes les normes officielles.

Et qui, pour cette raison, rappelons-le, furent d'abord commercialisés comme de simples vins de table (vini da tavola), sans appellation d'aucune sorte.

Le reste est de l'histoire...

"Mon pays donne souvent l'impression d'être gouverné par la confusion (...) mais c'est pour dire que la confusion fonctionne quelquefois en Italie", souligne Angelo Gaja au sujet de ce rejet des normes qui mena à la renaissance éclatante des vins italiens.

Il poursuit: "Avec les vins de table comme le Tignanello, et pas seulement en Toscane, les Italiens ont été capables de libérer leur créativité. Ils ont introduit une liberté nouvelle."

De quoi sera fait le nouveau bouleversement qu'il dit voir venir? Quels facteurs joueront?

"Dans toutes les régions viticoles, il y a des producteurs qui ont la détermination et la volonté de faire des choses intéressantes. Le pays a la vocation de faire des premium wines, dit-il en passant brièvement à l'anglais. Il y a des facteurs naturel - trois, et un facteur humain."

Il cite d'abord le climat, continental et plus frais au nord de l'Italie, méditerranéen au centre et au sud.

"En Italie, dit-il encore, il y a une multiplicité incroyable de microclimats. C'est le seul pays européen qui a ça, c'est une grande richesse."

D'autant plus, note-t-il en substance, qu'on se rend compte aujourd'hui que même des régions chaudes peuvent arriver à produire des vins de qualité.

Les deux autres facteurs naturels qui jouent sont le nombre élevé de cépages qu'on y cultive, quelque 300, mais aussi la très grande diversité de ses sols.

Encore aujourd'hui, explique-t-il, "beaucoup de ces cépages sont cultivés pour produire en grande quantité, mais quand vous réduisez le rendement par hectare de 40 ou 50 %, le vin change. Puis, on peut retrouver en Italie presque tous les sols qu'on trouve dans le monde".

C'est tout cela, dit-il, qui conduira à un relèvement de la qualité des vins dans toutes les régions viticoles d'Italie. Et le facteur humain? "C'est les Italiens!" s'exclame-t-il.

"On a la possibilité de faire des choses que personne d'autre dans le monde ne peut faire", ajoute-t-il enfin en parlant dans ce cas à la fois de la France et de l'Italie.

Ses vins à lui

En 1961, quand il entra dans l'entreprise fondée par son arrière-grand-père, celle-ci ne possédait que 21 hectares de vignes au Piémont (nord-ouest de l'Italie).

Elle a aujourd'hui 100 hectares dans cette région et a acquis, également depuis, la maison Pieve Santa Restituta dans l'appellation Brunello di Montalcino (16 hectares), en 1994, tout en ayant constitué, à partir de 1996, un énorme domaine dans la région de Bogheri, là où sont nés le Sassicaia, l'Ornellaia et le Solaia, aussi en Toscane.

Là-bas, sur le bord de la Méditerranée, l'entreprise a planté 160 hectares de vignes...

Angelo Gaja, comme le savent les admirateurs de ses vins, n'a qu'un défaut: il les vend à des prix exorbitants.

"C'est une maladie de famille. Mon père vendait déjà ses vins plus cher que tous les autres producteurs du Piémont ", disait-il une journée plus tôt, avec un rire contagieux, à une dégustation de ses vins âgés sortis de la cave du bar à vin Bu, boulevard Saint-Laurent, à Montréal.

Parmi la quinzaine de ses vins goûtés lors de sa venue, l'un des moins chers est le Brunello di Montalcino 1998 Sugarille Pieva Santa Restituta, grenat foncé, au bouquet généreux, très Sangiovese, de fruits rouges et cuits avec des notes boisées un peu sauvages, tenant sans doute au fait que ce vin est élevé d'abord un an en barriques, puis ensuite un an en foudres.

Vin solide et aux tannins fermes, assez carrés, non sans une certaine astringence, son après-goût est pour ainsi dire interminable. Grand vin de Toscane. Mais le prix... Et il n'est vendu qu'aux deux boutiques Signature (Complexe Ailes de la Mode, à Montréal, et Château Frontenac, à Québec).

102205069, 157 $, **** $$$$$, à boire, 5-6 ans environ

Même élevage pour le Langhe 1998 Sperss, du Piémont celui-là et élaboré avec essentiellement du Nebbiolo, au bouquet plutôt retenu, qui associe fruits rouges et cuits, et puis bien en chair, corsé, tannique, mais sans le côté dur et anguleux des vins de Nebbiolo d'autrefois, tels que les Barolos traditionnels. Excellent. Mais le prix encore là... Aux boutiques Signature.

746925, 275 $, **** $$$$$, à boire, 5-6 ans également

D'autres vins En fait, les signes de ce qu'on pourrait appeler ce deuxième élan de l'Italie se multiplient.

Pour s'en convaincre, il faut goûter par exemple cet étonnant vin blanc de Sicile qu'est le Nozze d'Oro 2004 Tasca d'Almerita, élaboré avec ce cépage international qu'est le Chardonnay, au bouquet d'une rare distinction, très discrètement boisé, de corps moyen, fin, relevé par une note citronnée. Et sans rien de ces arômes trop boisés de tant de vins de Chardonnay. Impeccable.

S, 927988, 27 $, ***(*), à boire, 2-3 ans?

Dégusté en présence du directeur export de la maison Antinori (mais ce vin ne sera en vente qu'au printemps), le Castel del Monte 2002 Bocca di Lupo Tormaresca, fait avec de l'Aglianico (90 %) et du Cabernet Sauvignon, au généreux bouquet de fruits noirs, compact et- oui- distingué, étonne par sa densité, la qualité de ses tannins, son équilibre. Flatteur, donc, sans qu'il soit racoleur- jamais on ne croirait que cette région peu réputée que sont les Pouilles serait en mesure de faire de tels vins.

Personnellement, je lui ai attribué quatre étoiles, tout en ignorant le prix (35 $) auquel il sera vendu le printemps prochain... Bref, ce sera un vin à goûter sans faute.

Enfin, le Toscana 2002 IGT Villa Antinori, goûté à la même occasion, et qui devrait remplacer le 2001 début décembre, m'a semblé meilleur que jamais dans ce millésime pourtant peu réputé. La chose tenant peut-être au fait que ses 60 % de Sangiovese proviennent entre autres de la région du Brunello di Montalcino et du Vino Nobile de Montepulciano. Le bouquet, de fruits rouges et noirs, séduit par sa distinction, et la bouche suit, moyennement corsée, bâtie sur de beaux tannins tendres. Délicieux.

C, 10251348, 24,15 $, *** $$($), à boire, 2-3 ans

Même style charmeur, mais en un peu plus concentré et boisé, avec aussi une certaine austérité dans le cas du Chianti Classico 2003 Pèppoli Antinori, tout aussi équilibré que le précédent. Impeccable.

C, 10270928, 24 $, *** $$($), à boire, 2-3 ans

Vin plein d'éclat, au charmant bouquet de fruits rouges, peu tannique, La Mancha 2002 Crianza Fontal, d'Espagne, gagnera de son côté à être servi assez frais, ce qui en exalte les saveurs. Un régal, à prix doux.

C, 10253651, 15 $, **(*) $($), à boire, 1-2 ans

top

 

Greatest Wine Show on Earth: Patrons and Producers Rave over Montreal Passion Vin (en anglais seulement)

Malcolm Anderson, The Gazette, November 5th, 2005

I challenge anyone to show me a wine event anywhere that rivals Montreal Passion Vin. This is the annual event organized by the Foundation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont where the assistance of the SAQ, the producers of the finest wines in the world are invited to Montreal to talk about their wines to those lucky enough to be able to attend. The cost is $1,000 for the two days of wine tasting and $600 for a pair of tickets to the banquet on Saturday night.

In spite of its price tag, the 300 tickets for this year's event at the Bonaventure Hilton were sold out within two months of going on sale, and word from the organizers is that next year's edition is close to sold out - and this before the attendees even know who the wine producer-speakers are going to be. One of them, we know, will be Nicolo Incisa della Rochetta with several vintages of his fabulous Italian wine, Sassicala.

I spoke with several of the 10 producers who came this year and they were unanimous in their praise of the sommeliers and the wine service - remember at each tasting, the are 300 people tasting six wines. It's quit a feat to get all the wines into everybody's glasses at the right moment.

In addition, champagne producers are very exacting about the serving temperature of their wines. They may ask that the first wine be served at 14 degrees, the second at 12 degrees and so on, so that each wine will show at its best. This is particularly important in the case of older vintage champagnes.

Nicolas Heath was there representing the Taylor Fladgate port house. Taylor, as the company is generally known, also owns port house Fonseca, Delaforce and Crofts. For the Montreal Passion Vin port tasting, Taylor Fladgate vintage ports from 2003, 2000, 1994, 1985, 1977 and 1963 were served.

Heath is always pleased to come to Quebec because it is an excellent market for his products - more quality port in drunk here per capita than anywhere in the world. What pleased him particularly was that all of the wines served at the tasting, except the 1977, are still available in the SAQ, along with several other vintages and, of course, the audience he was addressing was a particularly port-friendly group. He was delighted with the service of his wines and found that the audience's level of knowledge of port, which in no ordinary wine, to be very high.

Didier Seguier moved for Brouchard Pere & Fils to make wine in Chablis at the William Fevre company when it was bought by the Bouchard owners in 198. The first major change he instituted at William Fevre (the company kept its name) was to increase vineyard staff from one person for every four hectares to one person for every 2.5 hectares. The second was to cut back on the level of oak aging of the wines - a move much appreciated by people like me.

The company produces one of the most popular Chablis wines on Montreal shelves, Les Champs Royaux, and also has a grand cru and two premier wines available here. Seguier also likes coming to Montreal, which he does regularly, because it is one of hisprime markets and he welcomed the invitation to Montreal Passion Vin because it gave direct contact with the consumers of his wine.

Finally, Philippe Guigal had the enviable spot of presenting his wines with dinner at the grand banquet. Enviable, because wines with food are much easier to appreciate than when tasted alone. And the wines were stunning. The Guigal company makes the best wines in the Northen Rhone region, and the finest of these are from their three Cote Rotie appellation vineyards - La Turque, La Mouline and La Landonne.

When I asked Guigal why he hadn't visited Canada for 13 years, he explained that all the major decisions in the winery, including the blending of their wines, are made by two people - him and his father - which makes travelling abroad rather difficult. Consider this: the company produces only an average of 4,500 bottles of the wines form each of the three previously named vineyards, but makes three millions bottles of the excellent generic Cotes du Rhone, which is made from carefully selected wine bought in from smaller vineyards.

The reason Guigal was enjoying Montreal Passion Vin was that it gave him a rare opportunity to meet and talk to the consumers of his wines, who by all accounts appreciated the opportunity.

Let's taste

The Producteurs du Plaimont, Cotes de Saint Mont, Labriole, 2003, $12.55, 00516781 is a red from southwest France. This is the most enjoyable vintage of this wine that I have tasted. It's lightweight for a red but it gives me great pleasure to discover wines like this - it makes a refreshing change from the bruising heavyweights we are so often faced with. Beaujolais in style, but lighter, it's a juicy-fruity wine that slides down easily and enjoyably with attractive red berry fruit on the nose and palate. Rating 4.

L'Orangerie de Pennautier, vin de Pay Cite de Carcassonne, 2004, $12.75, 00605261 is a blend of cabernet sauvignon (25 per cent), merlot (30), grenache (25) and carignan (20). It has an attractive blackberry nose, while on the palate there is sufficient fruit, but I find it rather rustic in flavour though good with a burger. Rating 2 ½.

La Vieille Ferme, Cotes du Ventous, 2004, $13.85, 00263640 is from the southern Rhone region in France. It has a soft black currant nose, while on the palate there in plenty of fruit with a little grip on the finish. Rating 3.

The Bodegas, Fontana, Fontal, La Mancha, 2002, $15, 10253651 is from Spain. It has a very pleasing woodsy-bracken nose hinting at its aging in oak barrels and is a blend of tempranillo, cabernet sauvignon, merlot and syrah. The fruit flavours on the palate are mouth-filling, with and attractive fruity sweetness, and there is a firm, neatly spicy finish to round things off, it is a pleasure to drink - I had it with tourtiere and it was delicious. Rating 4.

And whites

The Bach, Extressimo Seco, Penedes, 2004, $9.95, 00064469 is from northwestern Spain. When first opened, the nose showed some sulphur, which eventually dispersed. Difficult to evaluate the nose because of this, but you can help it go away by chugging the wine into a jug and the black into the bottle. There are quite attractive apple fruit aromas hiding underneath, while on the palate there in mainly lemon-apple fruit with a touché of chalky mineral. Rating 2.

Maison Nicolas, Sauvignon Blanc, Vin de Pays d’Oc, 2004, $11.50, 00421180, from the South of France, has a subdued lemon nose. On the palate, there are simple lemon flavours that are not very lively and the wine tails off quite quickly. H1/2.

Lucien Albrecht, Pinot Gris Reserve, Alsace, 2002, $19.85, 00965962 is from northeastern France, from a region where I have always considered the wines to be undervalued and under-appreciated. This wine has the apple nose that I associate with pinot gris from Alsace, while on the palate there a crisp and full-flavoured apple fruit that has the addition of a fruity richness that is more exotic. It is perfect as a reception wine and it went very well with my soft mozzarella, tomatoes and basil. Raging 3 ½.

top

 

Passion vin et fourchette

François Roy, La Presse, 4 novembre 2005

Les amateurs de vins connaissent bien Montréal Passion Vin qui permet, chaque année, à quelques centaines de personnes de goûter à de très grands crus, tout en aidant financièrement l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. La dernière rencontre s'est déroulée à l'hôtel Bonaventure le week-end dernier. Mais qui dit vin, dit aussi cuisine. Et si quelques dégustations se passent à froid, d'autres se font dans le cadre de grands repas cuisinés par de grands chefs. Le repas de la soirée de gala, par exemple, a été confié au chef Richard Bastien, du Leméac (au premier plan) qui a notamment préparé une assiette de homard à la poire et au bourgot, pour amorcer une dégustation de vins du Domaine E. Guigal. Cette année, Montréal Passion Vin a permis d'amasser 360 000 $ pour l'hôpital.

top

 

Wine Lovers Blot Up World's Best Booze for a Good Cause (en anglais seulement)

Bill Brownstein, The Gazette, November 2nd, 2005

Were the oenophiles really going gaga over the Gaja at the Montreal Passion Vin? Or were many merely seeking to blot out the anticipated gloom attendant to yesterday's release of the Gomery report? More than one merry tippler confessed it was the latter: That bitter reality was soon to set in with more fallout over the sponsorship scandal.

For the fourth year, Montreal became the wine capital of the planet last weekend at the Bonaventure Hilton, as well-heeled aficionados forgot politics and forked over $1,600 a ducat to partake in two days of tasting and dining to benefit the Maisonneuve-Rosemont Hospital Foundation to the tune of $325,000. Passion Vin is among the biggest of big-ticket charity events in this land or any other, but cost was soon forgotten as patrons started to consume some of the more prized vintages in the world, getting into the spirit of a bacchanalian blowout to end all bacchanalian blowouts.

Imbibers rhapsodized over Guigals from Cotes du Rhone, Chateau Latours from Bordeaux and Mormoretos from Tuscany. (The latter, by the way, was the wine favoured by a few of Mayor Gerald Tremblay's minions with major expenses accounts - until the mayor got wind of their free-spending ways and put our tax dollars to work for practical, non-plonk use. Hopefully potholes).

The assembled also quaffed divine Chablis, champagnes and portos and feasted on the culinary creations of the chefs from restos 357c, Café Ferreira, Le Latini and Lemeac.

All of which could lead to one massive hangover - or an emergency liver cleansing - if patrons chose not to follow the time-honoured sniff, swirl and spit rule and instead swing all 48 elixirs placed in goblets in front of the over this two-days odyssey into euphoria.

As for the Gaja tasting, some lamented that proprietor Angelo Gaja didn't bring along all his A-juices, from Italy's grape-rich Piedmont region. But the ever-coloured Gaja certainly did bring along his A-Banter.

He recalled Californian wine pioneer Robert Mondavi suggesting that people ought to drink moderately. Gaja's subsequent grunt suggested that such was not always possible, particularly for those blessed with his wine cellar. He also described himself as an artisan, "which means I'm an expert at nothing".

Not true. Anyone who can sell his wares for up to $300 a bottle and still have difficulty meeting demand must be doing something right.

Next year's Passion Vin takes place Nov. 24 and 25 at the Bonaventure Hilton. Doubtless, tickets will once again be gone within minutes of going on sale in February. And, doubtless, there will be fresh political scandals patrons will seek to forget.

top

 

Le guide du vin

Marc Chapleau, Affaires Plus, novembre 2005

Immanquablement, à chacune des dégustations auxquelles sont conviés les journalistes spécialisés, il finit avant tout le monde. Il remballe son Mac, salue prestement la compagnie, et tourne les talons. Il est comme ça, le Phaneuf. Mais il n'y a rien de "cow-boy" ni d'approximatif chez lui, bien au contraire!

Chaque année, et depuis un quart de siècle qu'il publie son Guide du vin, les critiques, après l'avoir scruté à la loupe, baissent les bras : rien à redire. Ou sinon, des broutilles, compte tenu de la pertinence du propos, du soin apporté à l'édition et de la qualité de la langue. La plume de ce bougre de Phaneuf est d'ailleurs à ce point fluide et nuancée que ses poursuivants ont l'air de tâcherons, en comparaison.

Ce qui ne veut pas dire que l'homme ne fasse que dans la dentelle... Je me souviens ainsi d'une table ronde à Télé-Québec, voilà quelques années, où il avait réagi vertement aux propos débridés d'un certain Jean-Luc Hennig, qui appelait à plus de poésie dans les descriptions de vin, à moins de rigueur, à moins de cérébralité. L'essayiste français avait notamment fait tiquer notre pape du vin en évoquant - je le cite de mémoire - "l'engrossement par la lumière de la pulpe humide du raisin"...

Aujourd'hui, à 52 ans, notre chroniqueur vedette pourrait fort bien se laisser aller, lui aussi, à quelques excentricités. Il n'y manque pas, du reste, avec l'aviation - il pilote son propre Cessna 172 M - et la photo, ses deux autres passions. Il publie d'ailleurs ces jours-ci un nouvel ouvrage intitulé Voyageur du vin, recueil de photographies et de textes d'accompagnement de son cru. Et il anime encore cette année Montréal Passion Vin, la grand-messe du vin haut de gamme, du sur-mesure pour lui.

Michel Phaneuf plane au-dessus de la mêlée, au propre comme au figuré. Certes, il m'arrive d'être en désaccord avec lui, et ce n'est pas toujours l'être le plus souple qui soit... Mais avoir la tête dure, cela permet aussi d'avancer contre vents et marées et de s'inscrire dans la durée.

Son succès, c'est certain, il ne l'aura pas volé.

top

 

Les copains de Champlain

Jean Aubry, Le Devoir, 28 octobre 2005

Paris - Si le cépage pinot noir était un homme, il serait bien copain avec Champlain Charest. Un copain de bistrot direct, droit, loyal et causant, passionné, pour ne pas dire passionnant. Ce qui ne signifie pas que Champlain n'a pas d'autres copains: il en a plein le terroir! Avec le temps, cependant, j'ai l'impression que ce sont eux qui se sont liés d'amitié avec lui, acceptant sa critique souvent intraitable et ses frasques hautes en couleur tout comme l'amour indéfectible qu'il leur porte lorsqu'ils sont à la hauteur.

En cela, Champlain est un fidèle. Il n'est d'ailleurs pas présomptueux d'avancer que l'homme est, depuis près de 20 ans maintenant à son bistrot situé à Sainte-Marguerite-du-lac-Masson, un des plus fidèles ambassadeurs québécois de ses copains du monde végétal. L'événement annuel Montréal Passion Vin ne s'y est pas trompé en lui décernant aujourd'hui même le titre de personnalité Montréal Passion Vin 2005.

De ce côté-ci de l'Atlantique, pas une visite dans le vignoble n'a lieu sans que le nom du célèbre bistrotier arrive à un moment ou un autre sur le tapis (de tri). On ne se doute pas non plus que le radiologiste de profession est avant tout connu pour la pertinence de ses diagnostics sur les poumons des humains et non sur ceux pratiqués sur la pulpe des raisins. "Ahhh... le Québec! Vous connaissez sans doute, vous savez, dans les Laurentides, l'homme qui a vu l'ours qui a vu l'homme pêcher le saumon et se farcir des oies sauvages... Charest, Champlain Charest je crois?" Je réponds inlassablement oui car je connais l'ours en question. Aussi connu pour ses goulots que Céline Dion pour son micro!

Parlez-en à Didier Dagueneau, qui, comme bon nombre de ses collègues viticulteurs, vient régulièrement au Québec chatouiller la mouche avec les salmonidés: "Bon, s'il ne m'époustoufle pas à la pêche, Champlain sait prendre sa revanche par la suite. C'est après que ça se joue! L'accueil chez lui est toujours royal, sa générosité sans bornes, bref, il a un coeur au moins aussi gros que lui! Et je ne dis pas ça parce qu'il aime mes sauvignons..."

Reste à voir si les petits mansengs du tout nouveau Domaine de Babylone de Didier, en appellation Jurançon, trouveront à fraterniser rapidement avec Champlain. Dans le cas contraire, c'est Dagueneau qui va prendre la mouche!

Même son de grappe du côté de son pote Gérard Chave, le grand manitou des roussannes, marsannes et syrahs du Rhône septentrional: "J'ai une très grande estime pour Champlain, et il fait, en ce sens, partie de la famille. Sa gentillesse, sa générosité, sa fidélité dans l'amitié surtout me touchent énormément. Et puis, c'est un connaisseur qui, derrière son franc-parler, a un jugement sûr." Marcel et Philippe Guigal ne sont pas en reste: "Champlain, c'est un passionné, un positif à l'excès, rien ne l'arrête. Une descente à la cave chez lui est un risque qu'il faut prendre. Je me souviens de l'une de ses nombreuses visites chez nous, alors qu'il apostrophe maman Guigal aux prises avec de nombreux médicaments: Jetez-moi ça, ces maudites pilules-là, c'est du vin, pis du bon, que ça vous prend!" Tout le personnage Champlain est là. Mais il y a un mot que relèveront encore les Rolland, Bise-Leroy, Perse, Gago, Maculan, Torres et autres Krug de ce beau monde vinicole et tous ceux qui le côtoient au Québec: générosité.

Je laisse justement le mot de la fin à Aubert de Villaine, au Domaine de la Romanée Conti (dont 175 mathusalems de la DRC dorment chez Champlain, ce qui est unique au monde): "J'ai beaucoup d'affection et d'admiration pour Champlain. C'est l'homme le plus généreux qui soit et le plus courageux. Le vin nous a bien sûr rapprochés au départ, mais c'est plus tard, en le côtoyant à la pêche, qu'une véritable amitié est née. De même qu'on s'amuse à désigner les quelques bouteilles qu'on amènerait avec soi sur une île déserte si on avait le droit d'y emmener avec soi trois amis, Champlain serait sûrement l'un des trois que je choisirais! Mais je ne suis pas sûr que lui-même serait d'accord - sauf si j'apporte avec moi de La Tache 1990!"

Je serai exceptionnellement avec vous le 4 novembre prochain. Au programme: décuvage à Pomerol, avec Michel Rolland, d'un millésime 2005 qui fait déjà des étincelles!

top

 

Vingt ans de dégustations

Chantal Guy, La Presse, 9 octobre 2005

Comment annoncer à celui qui a remporté en 1994 le Grand Prix Sopexa (couronnant le meilleur sommelier au monde) qu'on n'a pas vraiment détesté le vin australien Little Penguin? Car notre chroniqueur "vins et mets" à La Presse, François Chartier, dénonce avec virulence la "cocalisation" du marché actuel du vin dans sa nouvelle édition de La Sélection Chartier, en librairie mardi prochain. Et l'un des pionniers de cette "cocalisation" est justement le Little Penguin...

"Je viens de ramener du French Rabbit, du vin dans un litre en carton comme le jus Oasis, raconte le dégustateur professionnel, encore éberlué par cette récente hérésie commise par la France. Ce sont des trucs pour accrocher les futurs consommateurs. C'est la banalisation du vin par le bas. On dit que c'est très accessible, mais dites-vous que le tiers du prix de la bouteille va à la publicité, pas à ce qu'il y a dedans! Il y a d'excellents vins aux mêmes prix! À vouloir mettre le vin en marché comme des petits pois, on est en train de perdre toute sa vérité, ses origines, les gens qui le font..."

Discuter de vin avec François Chartier, c'est entrer dans un monde fascinant, qu'il sait parfaitement vulgariser. D'où la popularité de son guide d'achat (500 000 lecteurs), le seul à se spécialiser dans l'harmonisation des vins et des mets. La Sélection Chartier fête cette année ses dix ans, mais François Chartier parcourt le monde vinicole depuis 20 ans. Environ 25 000 dégustations plus tard, il est devenu l'un des plus éminents spécialistes de sa profession, et il connaît toutes les tendances. Un résumé de 20 ans d'observations à lire dans La Sélection Chartier 2006!

"Le vin, c'est le patron"

En 20 ans de carrière, il admet que sa plus belle surprise est la curiosité du public. "C'est incroyable à quel point ça a changé, s'exclame-t-il. Quand j'ai remporté mon prix en 1994, beaucoup de gens ne savaient même pas ce qu'était un sommelier. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de sommeliers qui travaillent dans les restaurants. Il y a une curiosité autant chez les professionnels de la restauration que chez les amateurs de vins."

Et la question que les amateurs posent le plus souvent aux employés de la SAQ est justement: quels vins dois-je marier avec mes plats? Elle est à l'origine de La Sélection Chartier et de sa spécialisation "vins et mets". Sur l'harmonisation, François Chartier est aussi méticuleux que sur le vin. Il a d'ailleurs publié cette année À table avec François Chartier, un petit bijou réunissant 80 recettes, les vins parfaits pour les accompagner et une petite histoire des cépages du monde. "En ce qui me concerne, c'est le vin le patron, c'est lui qui décide de l'harmonie..."

Pour cette dixième édition de La Sélection Chartier, on a changé le format du guide pour le rendre plus pratique, et on y trouve, comme d'habitude, des conseils sur 1000 nouveaux vins, dont 250 à moins de 20 $, et plus de 2500 accords pour la table.

Tous de bons choix, car François Chartier ne commente pas ce qu'il n'aime pas. Et il ne sacrifie rien à la mode. Il hésite à dire qu'il est un dégustateur "cool". "Quand il s'agit de banaliser le vin, non, je ne suis pas cool. Mais comme dégustateur, dans ma façon de dire les choses, je pense que les gens ont toujours trouvé mon approche simple et facile d'accès."

Grand amateur de musique- il publie d'ailleurs dans ses livres la liste des musiques écoutées pendant leur rédaction- François Chartier, qui admet "zigonner" depuis des années la guitare, a décidé de prendre des cours. "Plus on se renseigne, plus notre plaisir décuple, croit-il. C'est vrai en musique, c'est vrai en vin, c'est vrai en tout. Les gens qui liront mon choix musical le trouveront très éclectique et cela représente bien mon goût au niveau du vin. Quand c'est bon, c'est bon!"

Cool, oui. Et, nous voilà convaincus: plus de Little Penguin à table!

LES TROIS SECRETS LES MIEUX GARDÉS SELON FRANÇOIS CHARTIER

Allez vers les vins portugais- pas seulement les portos. Le Portugal possède à l'heure actuelle une quantité importante de cépages autochtones, qui ont gardé leurs origines. Il y a de belles découvertes à faire, à bon prix, surtout dans les rouges.

Tournez-vous vers la Nouvelle-Zélande. Il y a des vins remarquables, notamment de superbes pinots noirs et des sauvignons. Malheureusement, la SAQ n'a pas encore ouvert bien grand son carnet de commandes pour les vins néo-zélandais... Ce serait dommage de manquer le bateau.

Le troisième secret, c'est l'Argentine, il y a de superbes choses à découvrir, à bon prix, entre autres les vins à base de Malbec, comme par exemple le Rio de Plata 2004, autour de 10 $. À ce prix-là, c'est imbattable comme rapport qualité-prix.

top

 

Qu'est-ce qu'un bon sommelier?

Jacques Benoît, La Presse, 27 août 2005

Le bon restaurant, où le vin est à l'honneur, se fait un devoir d'avoir à son service un bon sommelier. Quelles sont ses qualités?

D'abord, il a goûté et connaît ses vins... qu'il a choisis et achetés pour ainsi dire amoureusement.

Autrement dit, il connaît ce qu'il s'apprête à vendre, comme ce doit être le cas pour tout bon commerçant.

Pragmatique, il aura fait l'acquisition de vins convenant, par leur style et le prix qu'en demandera l'établissement, au statut- et bien sûr à la cuisine- de l'endroit.

Travaille-t-il dans un restaurant qui pratique des prix modestes, il évitera d'acheter des vins qui devraient être forcément vendus trop cher à la clientèle.

Ou, à tout le moins, il n'en achètera que très peu. Au cas où...

Est-il au service d'un restaurant réputé, ou d'un grand restaurant, il veillera à ce que la carte des vins comprenne, néanmoins, des vins de tous les prix. De grands vins, de très bons vins, mais aussi des vins de qualité plus modeste, de façon à satisfaire tous les désirs éventuels des clients.

Autrement dit, ne figurent pas sur sa carte que des bourgognes aux noms... claquant comme des drapeaux (Clos de Tart, Chambertin, Musigny, etc.), mais également d'appellations plus modestes (Bourgogne, Santenay, etc.).

Et de même pour les autres vignobles.

Car il y a des clients (très souvent connaisseurs) qui répugnent à payer au restaurant des prix astronomiques pour une bouteille de vin. Et qui préfèrent, alors, se contenter simplement de vins à prix correct, judicieusement choisis.

"Les grands vins, on les boit chez soi", se plaisent à dire de tels clients.

Aimable, sans prétention, le bon sommelier... est comme du bon pain.

Il sait que le vin intimide certains clients (comme il était intimidé lui-même à ses débuts), et son premier soin est de les mettre à l'aise.

Jamais il ne les traite de haut, jamais (si c'est le cas) il ne leur fait sentir leur ignorance, jamais il ne leur fait perdre la face en leur faisant la leçon...

Lorsqu'il sait quels plats ses clients s'apprêtent à commander, il avance quelques suggestions de vins qui se marieront aux mets, en veillant à leur en offrir de différents prix.

Presque toujours, il voit à leurs réactions, jusqu'à quel prix ils sont prêts à aller.

Mais il ne les pousse pas à commander les plus chers possible histoire de gonfler la recette.

Car il sait par expérience que le client qui quitte le restaurant heureux en sera le meilleur ambassadeur.

Le client connaît-il le vin, ou prétend-il s'y connaître, le sommelier le laisse choisir, se contentant, le cas échéant, de lui en suggérer un qui conviendrait mieux. En mettant ses gants blancs, naturellement...

Ce vin-ci ou ce vin-là pourrait aussi aller très bien, dira-t-il en substance.

"Mais c'est comme vous voulez", ajoute-t-il.

Le vin débouché, à la table même, devant le client, et à moins que celui-ci préfère le faire lui-même, il goûte le vin, afin de s'assurer qu'il est en bon état.

Enfin, il sert tous ses vins à la température adéquate. Les blancs bien frais, et non pas glacés comme des glaçons, les rouges agréablement rafraîchis.

Le bon sommelier le sait, il est là pour faire le bonheur du client, lequel a toujours raison...

Mais... quelles sont donc les principales qualités du bon sommelier, selon cette fois l'un des plus réputés de la profession?

"L'humilité vient peut-être en premier", répond à cela Don-Jean Léandri, qui est également professeur de sommellerie à l'École hôtelière de Laval.

Il poursuit: "Aussi d'avoir de la psychologie. Pour connaître ton client, cerner ses goûts, ses moyens. Ça englobe également tout le travail de salle. Les sommeliers sont aussi là pour aider leurs collègues, ils ne doivent pas oublier qu'ils font partie d'une brigade."

Car, explique-t-il, le bon sommelier ne s'en tient pas forcément qu'au service du vin, il ne se drape pas dans ses connaissances. Au besoin, il pourra donc jouer le rôle de maître d'hôtel, aider les serveurs à servir, etc.

Il lui faut de plus "des connaissances de culture générale, aussi bien sur la cuisine que sur le vin, sur tout ce qui entoure le service de table", ajoute-t-il.

En fait, il suffit d'avoir mangé un jour dans un restaurant où officiait Don-Jean Léandri pour savoir ce qu'est un bon sommelier...

top

 

Le bon vin et l'ivraie

Michel Phaneuf, L'Actualité, Montréal, 1er mars 2005

Quel événement! Deux journées remplies de grands vins, de grands hommes (pas une femme parmi les producteurs), et de grandes émotions.

Beaucoup de travail (de 9 à 20 heures vendredi, puis de 9 heures à minuit samedi), des milliers de verres polis à la main (3 dégustations par jour; 6 vins par dégustation; 300 participants; donc plus de 1 800 verres par dégustation; sans compter les repas du midi et le repas gala du samedi…), une magnifique équipe de sommeliers professionnels, et des centaines de mordus du vin. Bien entendu, des vins exceptionnels, mais comme toujours encore meilleurs quand on les déguste en écoutant ceux qui les ont fait.

Le commentaire principal que je retiens vient de M. Christian Moueix, grand patron des Établissements Jean-Pierre Moueix, propriétaire de nombreux châteaux prestigieux du Bordelais, dont Lafleur-Pétrus, Trotanoy et Pétrus. Il a dit, tout simplement, que le bon vin, c'est le vin que l'on aime.

Voir www.montrealpassionvin.ca pour plus d'information, la liste des vins dégustés, et les inscriptions pour l'an prochain.

top

 

La passion selon Montréal

Marc Chapleau, Affaires Plus, 1er janvier 2005


« Recherchées : personnes intéressées à participer à un marathon de dégustation de quelques 45 vins, pour la plupart de très grands vins ou des vins d'exception, forfait complet, comprenant deux lunchs thématiques et un grand banquet : 1 400 dollars par tête de pipe. »

Croyez-le ou non, les billets pour cet événement hyper classe baptisé « Montréal Passion Vin » se sont envolés comme des petits pains dès le début de l'année 2004, bien que le grand rassemblement ait eu lieu à la fin de novembre.

À l'évidence, les gens fortunés ne manquent pas, ni à Montréal ni en région. Mais aussi, nonobstant l'épaisseur du portefeuille, il faut être un peu dingue pour dépenser autant d'argent pour deux jours de dégustation. D'autant que l'ambiance, sans être guindée, n'est pas nécessairement à la fête; en fait, on a parfois la bizarre impression de participer à un congrès. Mais non, à défaut de réelle et vibrante passion, la liste des vins offerts en dégustation a de quoi donner le tournis!

Producteur mis en vedette sur scène à chaque séance, commentateur chevronné faisait office de maître de cérémonie, service impeccable assuré par des sommeliers, verrerie nickel, température des vins idoine… Pas étonnant que la grand-messe du vin façon Montréal connaisse déjà, à sa troisième année d'existence, un grand succès sinon populaire, du moins d'estime.

Le caractère élitiste de la manifestation peut en effet choquer, c'est certain. Mais que trouver à redire puisque les profits - 325 000 $, car les vins sont généreusement offerts parles producteurs - vont à la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont ? Pas besoin de scander « Faisons payer les riches! » : ces nantis-là prennent les devants et passent volontiers d'eux-mêmes à la caisse.

Une enfilade de grands crus

Voici un aperçu du programme de Montréal Passion Vin, édition 2004. Le vendredi matin, pour la mise en bouche, trois millésimes - 1995, 1990 et 1985 - des grandes cuvées de champagne. « Comtes de Champagne » Taittinger (très chardonnay, très délicat et très racé) et « Cuvée Louise » de la maison Pommery (plus corsé et plus ample en bouche, mais sans le raffinement du précédent). Durant le lunch qui suivait, les rouges de Beaulieu Vineyard ont, hélas, déçu. Ni la super cuvée Georges de Latour (millésime 1997, 1994 et 1991) ni le Chardonnay de Carneros n'ont réussi à enflammer les esprits. En clair, la Californie aura déjà été servie par des vins plus inspirés, avec une meilleure structure tannique et surtout, davantage d'acidité.

En après-midi, toujours le vendredi, les vins du Rhône, et ceux de Jean-Louis Chave en particulier, se chauffaient d'un tout autre bois. À commencer par le glorieux Hermitage blanc 1995, riche, peu acide, mais d'une incroyable finesse, puis l'époustouflante Cuvée Cathelin 1998 - bien que celle-ci n'ait pas « digéré » son bois et que la composante boisée vanillée ait encore besoin de temps pour se fondre. Quant aux vins du Châteauneuf-du-Pape Château de Beaucastel, dont nous goûtions la grande cuvée « Hommage à Jacques Perrin », ils sont venus confirmer l'excellente réputation de ce domaine. Sauf le millésime 1995, « dans une phase ingrate », selon le propriétaire, Jean-Pierre Perrin. Vérité toute crue ou euphémisme de circonstance? Chose certaine - car j'en possède personnellement quelques bouteilles -, le manque de fruit et de fraîcheur de cette cuvée (payée 150 dollars voilà trois ans) m'a alarmé : j'en ouvrirai une bouteille d'ici le printemps, pour en avoir le cœur net.

Par contre, si vous possédez du 2000 ou du 1998, estimez-vous heureux. Voilà deux grands vins, à la fois très généreux, très goûteux et superbement servis par une trame acide qui leur donne un formidable allant.

En soirée, la verticale du Château d'Yquem, commentée par le comte Alexandre de Lur Saluces lui-même, laissait présager un feu d'artifice. Si certains ont déploré que ledit festival pyrotechnique n'ait pas été précédé par la dégustation d'un cru plus humble, histoire de se faire la bouche et de mettre Sa Majesté Yquem en perspective, ce dernier aura tout de même forcé l'admiration d'emblée. A retenir, par-dessus tout : un grand sauternes n'est pas tant sucré que d'une richesse et d'une profondeur de goût inégalées. Mes coups de cœur : les Yquem 1996 et 1998, tous deux d'une incroyable fraîcheur. Puis, en ordre décroissant, bien que tous proches de la stratosphère, les 1999, 1998, 1982 et 1990 - ce dernier doré foncé, imposant et très mûr, mais aussi plus unidimensionnel, moins complexe.

Suivaient, le lendemain, samedi, toujours au Hilton Bonaventure, des séances mettant en vedette le Corton-Charlemagne (bourgogne blanc) Bonneau du Martray, les vins de Vénétie de la maison Maculan puis, jusqu'en soirée et au banquet de clôture, un festival bordelais avec les Châteaux Rauzan-Ségla, Angélus, Hosanna, Trotanoy, Magdeleine et Pétrus - celui-ci du millésime 1989.

Organisé par une brochette de personnalités provenant notamment du milieu des affaires, Montréal Passion Vin repose sur le travail de Jean Saine (Saine Marketing), Jean-Pierre Léger (Rôtisseries St-Hubert), Alain P. Proteau (SAQ), Claudette Dumas-Bergen (de la firme de relations publiques éponyme) et Gilles Jarry, (retraité de la Banque de Montréal et président honoraire de la Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont). Agissaient à titre de maîtres de cérémonie, en alternance au fil des séances, le sommelier émérite Don Jean Leandri et Michel Phaneuf, auteur de l'incontournable Guide du vin et - il l'aura prouvé à nouveau - communicateur hors pair.

Pour en savoir plus sur cette activité de financement à nulle autre pareille et tenter votre chance en vue d'une inscription pour l'édition 2005, consultez sans tarder le site www.montrealpassionvin.ca .

top

 
 

La Fondation a pour but d'améliorer les soins et de développer l'enseignement et la croissance de la recherche.

Pour en savoir plus

Édition 2010

Grand banquet, millésimes recherchés, vins rares, personnalités du monde vinicole… Découvrez ce que l’édition 2010 de MPV vous réserve!

Pour en savoir plus

Inscrivez-vous

Inscrivez-vous dès aujourd’hui pour réserver votre place et assister à un événement vinicole incontournable pour les vrais passionnés!

Pour en savoir plus